Andrès Peña ou le Flamenco de luxe

Rivesaltes – Au tablao d’Amor Flamenco de l’or en barre à portée de tous!

 

Andrés Peña (Photo Cécile Miquel Amor Flamenco )

Andrés Peña (Photo Cécile Miquel Amor Flamenco )

Il y a moins d’un mois au Festival de Jerez, Andrès Peña obtenait le prix du public du meilleur spectacle avec « Sepia y Oro », un bijou de finesse, d’authenticité qu’il partage avec sa compagne Pilar Ogalla et bien d’autres artistes à ses côtés.

Ce samedi, veille de printemps, Andrès Peña est venu à Rivesaltes sans l’écrin des magnifiques jeux de lumières et de l’impeccable mise en scène, ni le soutien de sa troupe, pour confirmer s’il en était besoin, que son talent peut se mettre à nu, avec juste deux des meilleurs accompagnateurs actuels : Jesús Guerrero à la guitare, habitué de Rivesaltes bien avant qu’il ne soit devenu la coqueluche des stars internationales et David Carpio au chant, très respecté dans le monde du flamenco, représentant charismatique d’une des plus grandes familles d’artistes de Jerez. Ceux qui savaient en tremblaient d’avance, les autres ne s’en sont pas encore remis.

Andrés Peña (Photo Cécile Miquel Amor Flamenco )

Andrés Peña (Photo Cécile Miquel Amor Flamenco )

Les trois compères se connaissent bien et visiblement prenaient beaucoup de plaisir à se trouver dans cette configuration intime. Ils ont mis la barre haut dès le départ avec des Cantiñas chatoyantes puis avec une Farruca solennelle et ciselée. Après des Seguiryas chantées, courtes mais intenses, la danse revient avec des Tientos-Tangos magistraux où Andrès laisse parler sa sensualité juste assez retenue pour électriser la gent féminine. La Malagueña de David richement harmonique laisse place à la Soleá, point d’orgue du spectacle où chacun fait preuve de virtuosité et d’une maîtrise remarquable du temps, passant de la fureur rythmique à la douceur de la respiration. Le silence est travaillé comme un atout et participe à l’intensité de la présence du danseur.

Andrés Peña (Photo Cécile Miquel Amor Flamenco )

Andrés Peña (Photo Cécile Miquel Amor Flamenco )

Tous les parfums du flamenco, les arômes de rancio et la touche de modernité, la diversité infini des styles, la surprise d’une tonalité de guitare inattendue, d’un texte de derrière les fagots, d’un déséquilibre maîtrisé des pirouettes, les regards complices, la sueur, le masque torturé du chanteur, la fulgurance des pieds, l’élégance d’une épaule, l’amplitude insondable de la voix… rien ne manquait.

Les aficionados sont habitués à vivre des moments d’exception lors des tablaos d’Amor Flamenco mais cette session restera dans les annales. Le bienheureux public a ovationné les trois artistes avec ferveur avant de revenir lentement à la réalité. « Ça calme !» sera la phrase la plus échangée entre les stagiaires du week-end … Mais comme cela fait du bien !

Amor Flamenco – Dolores Triviño – 20 mars 2016

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