Catégorie : TRADITIONS

La légende populaire de la création du Pays Catalan…

Çà se passe ainsi, au soir du septième jour de la création…. Alors qu’ils effectuent le tour du propriétaire, le Grand Architecte de l’Univers suivi de… Devinez qui ? Oui ! Saint Pierre en personne ! Ensemble, ils inspectent scrupuleusement le Monde que le Créateur vient d’engendrer : là, c’est la mer ; par ici, la terre ; enfin là-haut le ciel…

C’est alors que Saint Pierre, hésitant et condescendant, ose interroger, Dieu: « Voyez.. ce tout petit bout de terre, je distingue la mer, la montagne, le Canigou, la campagne, la vigne, la Tramontane,et le soleil… N’est-ce pas un peu trop injuste pour les Autres, ce petit paradis? » Bon comme le pain, Dieu lui rétorque d’un sourire facétieux : « J’ai fait cette belle faveur aux Catalans (Homo catalanus) car je sais qu’ils resteront discrets. »

A ces mots le Créateur prend congés de Saint Pierre par un « Bon dia Pere i fins aviat ! » C’est dans ce tout petit paradis que des siècles durant, s’est forgée, discrète, l’âme catalane servie par sa langue, ses traditions, sa gastronomie, son Art de vivre… Soyons TOUS convaincu(e)s et fier(e)s de transmettre aux jeunes générations d’aujourd’hui, quelque peu déracinées et désorientées, nos belles valeurs simples de bonheur nécessaires à la joie de vivre !

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Saint Laurent de Cerdans. Portes ouvertes chez Création Catalane dernière fabrique d’espadrilles…

Loin des turpitudes de la (belle) vie trépidante citadine menée au grand air des vivifiantes effluves des gaz d’échappement…. Lovée en Haut Vallespir, à l’écart des existences formatées et normalisées : Saint Laurent de Cerdans ! Le village ramassé autour de son église, semble être toute désignée pour devenir la gardienne des traditions de la culture catalane…mais pas que !

Portes ouvertes chez Création Catalane

Autrefois, le village était tout entier consacré à la fabrication industrielle d’espadrilles… Une à une les fabriques se sont tues, ont cessé leurs activités et mis au placard des souvenirs des savoir-faire traditionnels ancestraux.. Créée en Février 2008, la Création Catalane a renoué avec ce passé prestigieux dans les locaux d’une ancienne usine d’espadrilles. C’est l’ultime fabrique artisanale du Pays Catalan de confection d’espadrilles et de vigatanes (chaussures traditionnelles catalanes)

C’est vous les designers de vos espadrilles !
JOURNÉES PORTES OUVERTES
Création Catalane – Saint Laurent de Cerdans

ℹ Infos au 04 68 54 08 68

Le 23 Avril, c’est Sant Jordi !

La fête de la Sant Jordi c’est quoi ?

En Catalogne ou en Pays Catalan, cette belle Fête populaire a lieu au printemps chaque 23 avril. La Culture épouse le Romantisme pour célébrer ce jour-là le livre et les amoureux. Cette tradition veut que les couples s’échangent des présents : Quand les femmes remettent un livre ; les hommes, leurs offrent une rose.

Les origines de la Sant Jordi ?

Pour percer les explications de cette tradition il faut aller compulser le vieux livre de la mythologie catalane, la légende du preux chevalier Saint Georges, alias Sant Jordi… Saint patron de la Catalogne depuis depuis 1456. Cette fête doit son originalité à un mélange de traditions datant d’époques différentes. Au fait que Sant Jordi (« Saint Georges ») soit le patron de la Catalogne depuis le XVe siècle s’ajoutent la légende de Saint Georges terrassant le dragon pour sauver la princesse et la population de la furie du monstre (selon la légende, des roses rouges émergèrent du corps de l’animal traversé par l’épée de Saint Georges, qui en offrit une à la princesse) Si Sant Jordi est connu comme le Saint patron des amoureux c’est aussi .

Cette San Jordi toute symbolique  

Selon la légende, c’est le symbole de la victoire de la lumière sur l’obscurantisme, pour que puissent éclore les fleurs de la culture, symbole du succès du Bien sur le Mal. En Catalogne des personnes sont emprisonnées pour avoir simplement exprimé leurs  convictions quand toute l’Europe reste muette comme une carpe… Dans le Monde entier, dans le silence de l’indifférence générale et l’obscurité de nos consciences, des personnes sont emprisonnées par l’arbitraire tout puissant !

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Cette San Jordi est toute particulière et riche de symbolique ! C’est le symbole de la victoire sur l’obscurantisme, pour que puissent éclore les fleurs de la culture, symbole du succès du Bien sur le Mal.

Les mystères de la procession de la Sanch

Ce Vendredi Saint 19 Avril de 15h00 à 18h ne ratez pas la procession de la Sanch qui clôture les Fêtes Pascales en Pays Catalan ! 700 pénitents de la Confrérie de la Sanch défileront dans les ruelles du cœur de ville depuis l’église Saint-Jacques, la Cathédrale Saint Jean jusqu’aux jardins de la Miranda. 

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Les origines

Le déroulement de la procession, codifié et immuable, est le même depuis six siècles, accompagné par ces chants, d’une funèbre beauté, que sont les goigs de la Sanch. Le 11 octobre 1416,  Vincent Ferrer né à Valencia, fonde en l’église Saint Jacques de Perpignan, l’Archiconfrérie de la Sanch (Sanch signifiant sang en français) avec pour mission d’offrir une sépulture religieuse aux condamnés à mort, mais aussi de commémorer la Passion du Christ par des processions, durant la Semaine sainte. Certains profanes ignares ou non catalans voire catalanophobes font l’amalgame rapide entre la capa ruxa avec le Ku Klux Klan…

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La Symbolique

Le Regidor, caparutxa (pénitent) rouge ouvre la Preciosissima Sanch de Nostre Senyor Jesus Christ, fait tinter la cloche, … ouvre la procession, la croix des injures avec ses symboles de la crucifixion (éponge, lance, roseau, marteau, tenailles…) puis les tambours précèdent les lourds «misteris» représentants grandeur nature, scènes et mystères de la Passion du Christ ou dédiés à la Vierge Marie. Ils sont portés sur épaules par des pénitents revêtus de la caperutxa rouge ou noire et par des femmes en mantille, représentants grandeur nature des scènes de la passion du Christ. Certains des caperutxas vont nus pieds, pour expier leurs péchés.

Comment devient-on Caperutxa ?

Aristocrates ou roturiers (Artisans, vignerons, maraîchers, médecins, avocats, commerçants, employés) syndicalistes et francs-maçons… On y entre par cooptation pour s’engager à participer à de fréquentes actions caritatives.

Fa molt de temps, il faisait si bon vivre en Pays Catalan !

L’Avia Rosa évoquait souvent, nostalgique, sans toutefois idéaliser le passé :  » Ici, autrefois, on n’avait pas grand chose mais on appréciait le peu que l’on avait, on était heureux ! Dans chaque village tout le monde se connaissait il y avait beaucoup de solidarité entre tous… Les portes n’étaient jamais fermées, les soirées d’Eté on prenait la fresca sur le pas de porte entre voisins Quin fart de riure !.. Aujourd’hui ?  Que de changements !  » L’Avia Rosa d’une mimique coutumière coupait court à son évocation.

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L’Avia Rosa (Photo La Gazette Catalane)

Ce film touristique des années 30, au pays catalan (Vernet les bains, Perpignan, Rivesaltes, Port-Vendres, Banyuls, Cerbère, Collioure) nous révèle comment les catalans vivaient à cette époque. Reste à chacun d’effectuer sa réflexion.

 

 

Musée des Traditions populaires à Thuir
Musée des Traditions populaires à Thuir

Signer le pain d’une croix avant de l’entamer…

Ce rite de la croix sur le pain est toujours pratiqué chez de nombreuses familles… Et vous, le faites-vous ? Coutume populaire ou superstition ?

Ce rite de la croix sur le pain est toujours pratiqué dans de nombreuses familles... Et vous, le faites-vous ? Coutume populaire ou superstition ?
Le signe de croix sur le pain Photo La Gazette Catalane.com

Ça ne mange pas de pain ! Ici, en Pays Catalan, croyants, profanes ou mécréants, nombreux sont ceux qui encore aujourd’hui, signent de la pointe de leur couteau la creu sot el pa en guise de signe de croix pour chasser les mauvais esprits, avant d’entamer le pain et de le consommer. pour bénir ou conjurer le diable. Il paraît que cela garantissait d’avoir toujours du (bon) pain, aliment de base.

Photo DR Le Point

Ici, autrefois, chacun se gardait bien d’offrir aux invités le quignon dans lequel le diable aurait pu se réfugier et on ne posait jamais le pain à l’envers sur une table. Cette dernière superstition remonterait à l’idée très ancienne selon laquelle tourné vers les entrailles de la terre, donc vers l’enfer, le pain attirerait les mauvais esprits… Mais aussi du boulanger qui conservait à l’envers le pain destiné gratuitement au bourreau…. Et vous ? Faites-vous toujours une croix ?

Connaissez-vous Zidro, passeur atypique de mémoires ?

Nos campagnes catalanes regorgent de talents enfouillis dans l’anonymat. La Gazette Catalane se plaît à les débusquer pour votre plaisir ou votre simple curiosité ! Venez ! Suivez-moi ! Veniu segueix-me ! Allons du côté de Banyuls de la Marenda (Banyuls sur mer) à la rencontre d’un singulier personnage : En Zidro, guide historique atypique de Banyuls-sur-Mer, SON Banyuls natal, dont il vous fera découvrir la singulière et profonde histoire. Surprise !

Qui de Isidore ? Qui de Zidro ? a créé son personnage ?

Isidre évoque  » Le concept du personnage de Zidro est né en Septembre 2005 sous ma plume… … un peu par accident disons-le! » Le trait peut paraître épais, frisant la caricature… Zidro personnage créé par Isidre Camins, est attachant : L’embonpoint ceint d’une Faixa rouge,  la barretina insolente, de petite taille, les  »Vigatanes » chevillées ses convictions, un xic rondouillard,, de larges moustaches soulignent une verve à l’accent chantant et rocailleux Catalan…Ce Zidro-là vous transportera dans un voyage intemporel  inoubliable vers des ailleurs improbables…

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Depuis Juin 2014, Isidre Camins, guide historique indépendant et atypique fait découvrir le patrimoine de Banyuls sur mer et Cerbère. Zidro vous transposera vers les trésors cachés de notre belle côte.

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Isidre Camins, qui êtes-vous ?

« Je me nomme Isidre CAMINS né (il y a bien des siècles) au Puig del Mas, à Banyuls sur mer. « Isidre  est un vrai passionné « Je suis guide historique, auteur, conférencier, reconstitueur et par-dessus tout, passionné d’histoire. » S’exclame-t-il enthousiaste.  « Si le monde compte nombre d’Agrégés d’histoire, j’aime à me définir comme étant un  »Abrégé d’histoires »… Car d’histoires, j’en ai vécu beaucoup ! » Un conteur, un guide Historique amoureux de la seva terra però també la nostra ! un patrimoine, un héritage ancestral qu’il partage dans un détail surprenant, riche d’histoire. Une passion qu’il s’évertue d’offrir au public pour une belle balade en terre inconnue dans l’arrière pays. Zidro vous fera découvrir Banyuls, les chapelles Romanes, les tours de guet, en passant par les petits secrets des caches contrebandières, bien planquées parmi les murettes de vigne.

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Contacter Zidro :

 Les excursions sont proposées en Français et en Catalan.
 Les excursions s’ofereixen en català i en francès.

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Les castells (château en français) images fortes de l’identité catalane. 

Inscrits au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité, les castells (château en français) véhiculent une image forte de l’identité catalane… Ils représentent une incroyable démonstration d’équilibre, de force et de courage, comme une métaphore de la construction sociale. les castells portent des valeurs de travail d’équipe, d’énergie collective et de solidarité intergénérationnelle…

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L’enxaneta au sommet del castell (Photo La Gazette Catalane)

Origines

L’origine exacte des castells est méconnue. Selon certains érudits, les castells proviendraient d’une tradition islamique christianisée. Pour d’autres,  ils seraient issus d’anciennes danses (moixigangues) exécutées en Pays valencien au début du XVIIème siècle. Elles auraient évoqué la Passion du Christ et le mont Golgotha. Chaque danse se serait achevée par l’élévation d’une petite pyramide humaine.

Castellers ou pyramides humain tradition catalane (PhotoLa Gazette Catalane.JPG
Castells traditions catalanes (Photo La Gazette Catalane.JPG

Junts sem mes forts, ensemble nous sommes plus forts

Si certains symboles catalans, comme le drapeau, l’hymne et la sardane, ont été interdits sous la dictature franquiste, les castells ont été épargnés pour tomber cependant en désuétude à cette époque. Dans les années 1980, les castells connaissent un regain d’intérêts de nombreuses colles castelleres réapparaissent. Les castellers ont une devise : « Força, Equilibri, Valor i Seny », en français : « De la force, de l’équilibre, du courage et du bon sens ». Les « colles » organisent des démonstrations de pyramides humaines lors des fêtes de villes et de villages dans toute la Catalogne.

Les castells sont des pyramides humaines où l'union fait la force. (Photo La Gazette Catalane)
Formé par ces deux enfants, le sommet (pom de dalt) (Photo La Gazette Catalane)

À l’aube du 18e siècle, la représentation du Christ fut abandonnée pour la construction d’une tour humaine : c’est ainsi que les castells ont perdu toute connotation religieuse. Ils devinrent une sorte de sport, une tradition à mi-chemin entre la danse et le théâtre, un peu à l’image des mystères du Moyen Âge.

Castellers ou château humain tradition catalane (Photo 15 Jean-Luc Modat).JPG
La base de la tour (la pinya)  Photo La Gazette Catalane

 

 

Coutume de signer d’une croix le pain

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(Photo La Gazette Catalane)

Ça ne mange pas de pain !  Aqui al nostre Pais Català, fa temps potser encara avui et peut-être encore parfois aujourd’hui, croyants, profanes ou mécréants signaient avec la pointe de leur couteau la creu sot el pa en guise de signe de croix pour chasser les mauvais esprits, avant d’entamer le pain et de le consommer. Il paraît que cela garantissait d’avoir toujours du pain à manger.

Photo DR Le Point

Chacun se gardait bien d’offrir aux invités le quignon dans lequel le diable aurait pu se réfugier et on ne posait jamais le pain à l’envers sur une table. Cette dernière superstition remonterait à l’idée très ancienne selon laquelle tourné vers les entrailles de la terre, donc vers l’enfer, le pain attirerait les mauvais esprits… Mais aussi du boulanger qui conservait à l’envers le pain destiné gratuitement au bourreau…. Et vous ? Faites-vous toujours une croix ?

Germà negre « La Bepa » ! (la Joséphinette) Chanson traditionnelle catalane

A la torre xica    (A la petite ferme)
A la torre gran    (A la grande ferme)
Ja n’hi ha una Bepa    (Il y a une Joséphinette)
Que l’estimen tant    (Que l’on aime tant)
Se la quedaran. (De tant qu’on l’aime)
Bonica es la rosa    (jolie est la rose)
Mes bonic lo ram    (plus joli le rameau)

Ja n’hi ha una Bepa    (Il y a une Joséphinette)
Que l’estiman tant    (Que l’on aime tant)
De tant que l’estiman    (De tant qu’on l’aime)
No la’n casaran    (jamais on ne la mariera)

« Ahont es la Bepa    (Où est la Joséphinette
Que ne trigi tant ?    ( Qui tarde tant )
-Es a la ribera    (Elle est à la rivière)
Renta’l dabantal    (A laver le tablier)
Per anar bonica   (Pour aller pimpante)
La nit de Nadal » (La nuit de Noël)

Mentra quel rentaba   (Pendant qu’elle lavait)
Passa’l seu galant :   (Passe son galant)
« Que’n fas aqui Bepa ?   (Que fais-tu là Joséphinette ? )
– Rento la bugada    (Je fais la lessive)
També’l dabantal    ( Et aussi le tablier)
Per anar bonica    (Pour aller endimanchée)
La nit de Nadal »    (La nuit de Noël)

L’agafa y la’n puja    (Il la prend à bras le corps et la monte )
A dalt de cavall    (Sur le cheval)
La sella n’es verda    (La selle est verte)
Lo cavall n’es blanc    (Le cheval est blanc)
Péls carrers de Lleyda    (Par les rues de Lleyda)
Passa tot plorant :    (Elle passe en pleurs)
« Per qu’en ploras Bepa,    (Pourquoi pleures-tu Joséphinette ?)
Per qu’en ploras tant ?    (Pourquoi pleures-tu tant ?)
– Ploro pel meus padres    (Je pleure à cause de mes parents)
Quan o sabaran !    (Quand ils le sauront)
Com son gent sentida    (Comme ceux sont des gents sensibles)
D’aixo moriran    ( De cela ils mourront)
Adeu pare y mare    (Adieu Père et mère)
Adeu mos germans !    (Adieu mes frères !)
– Si s’moren que s’moren    (S’ils meurent, qu’ils meurent)
Ja’ls enterraran.    (On les enterrera)
Las tombas son novas   (Les tombes sont neuves)
Las estrenaran.   (Ils les étrenneront)
Cada cop de tomba (A chaque coin de tombe)
Un ram posaran. (On mettra un rameau)
Capellans y frares    (Les curés et les moines)
Per ells resaran. »    (Pour eux prieront)
Passan la montanya    (Ils passent la montagne)
Bepa s’va girant ;    (Joséphinette va se retournant)
Las campanas tocan    (Les cloches sonnent)
Ab tristessa y llant    (Avec tristesse et gémissantes)
« Morta n’es ma mare,   (Morte est ma mère)
morts son mos germans ! »    (Morts sont mes frères)
Morta cau en terra    (Morte elle tombe à terre)
Mort cau lo galant.    (Mort tombe le galant)
Aqui’ls so’nterraren,   (Ici on les enterrera)
Tu que vas passant.    (Toi qui va passant)
Diu un Pare Nostra    (Dis un Notre Père)
Per Bepa y Joan.   (Pour Joséphinette et Jean)
Bonica es la rosa,    (Jolie est la rose)
Mes bonic lo ram.    (Plus joli est le rameau ) de la sant Joan…