Périllos, village mystères

Aux confins du Pays Catalan, juché sur un massif calcaire lunaire, une petite route égarée vagabonde ça et là dans la garrigue battue par les vents en rafale, animée de chants de cigales en Été. Là, oublié de tous, repose Périllos. Ce village dresse en oripeaux les vestiges d’habitats vidés peu à peu de ses habitants. Pour autant, aujourd’hui encore bruissent entre les ruines les souffles et soupirs des légendes de Périllos…

Texte & Photos Jean-Luc Modat Tous droits réservés 05 2020

Fruits et racines sont même commune mesure qui est l’arbre (Citadelle Antoine de Saint-Exupéry)

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Combien ont en mémoire les hommes et les femmes qui ont vécu à Périllos? Les temps où résonnaient encore éclats de rires des enfants, éclats de voix des grandes personnes ? Jean-Paul PLANELLA, cultive ses racines entre Opoul et Périllos « Je connais très bien l’histoire de ce village, pour y avoir passé une partie de ma vie, avec mon père et surtout mon oncle ,qui lui était le maire Gardeil Georges) jusqu’ au mariage avec la commune d ‘Opoul… » Et Jean-Paul Planella de se souvenir  » Le dernier habitant à avoir quitté Périllos ( il y était né aussi ) s’appelait Aimé Pujol , dit « Aymanet »). Quant au dernier berger de Périllos, c’était un natif d’ Opoul aux origines Périllonaises, il s’appelait Alain Estanouse. » Imaginons ce brave berger s’en aller, laissant derrière lui les souvenirs d’une existence aussi rude qu’heureuse, le cœur lourd de quitter son village, pour s’établir plus bas à Opoul…

Le saviez-vous ?

« Le nom de Périllos vient du vieux catalan , Perellons , qui veut dire petite poire. » Rappelle Jean-Paul Planella. Le blason des seigneurs  de Périllos arborait trois poires.

Prés du parvis de l’église romane du XIIe siècle consacrée à Saint Michel, sur le mur autrefois une salamandre témoignée des liens avec les chevaliers de la table ronde. Disparue ! En cette place, deux plaques commémoratives célèbrent le pèlerinage de Ramon de Perellos y Roccaful (premier du nom) au Purgatoire de Saint Patrick, en Irlande, suite au décès mystérieux de son ami et Roi d’Aragon, Juan 1er. Nombreux soupçonnaient Ramon de Perellos y Roccaful, (Grand maître de l’ordre de Malte) celui-ci aurait réalisé ce voyage en preuve de son innocence. A son retour, Ramon fit des révélations qui entretinrent plusieurs légendes, comme l’existence, sur ou sous”ses terres, des passages à l’autre monde”… Comment expliquer le changement d’orientation de l’église à l’origine Nord-Sud reconstruite dans la norme Est-Ouest ?

Le chant des cigales, le chant du coq, l’angélus vous insupportent ? Surtout ne vous rendez pas en ces lieux ! Restez donc bien confiné(e) parmi les bruits, le vacarme, le boucan, le charivari citadin… Périllos est un lieu qui ne supporte pas les éclats de voix, les cris, le tumulte… Il se mérite !