Un prĂ©sent difficile ; un avenir incertain, chacun a besoin de se rassurer en se rĂ©fugiant dans son passĂ© idĂ©alisĂ© aux valeurs sĂ»res et authentiques …Â
Au travers de ce reportage, nombreux se remĂ©moreront un temps pas si Ă©loigné que cela que nous considĂ©rons dĂ©jĂ comme rĂ©tro… OĂč il faisait bon vivre dans nos jolis villages du Pays Catalan regroupĂ©s autour de l’Ă©glise et la mairie , oĂč la vie y Ă©tait simple, authentique, sublimĂ©e par des rapports humains vĂ©ritables ! Allez ! Suivez-nous… C’Ă©tait  le Vendredi 12 Juin 2007 Ă 11h35.
Qui soupçonnerait Marcel de ne pas ĂȘtre thuirinois de souche, tant il fait parti des figures emblĂ©matiques de cette Ville ? Câest aussi un personnage incontournable du rugby et de la vie de lâUST ! Ce Vendredi matin 12 juin 2007, son Ă©motion contenue est palpable. Marcel Julia passe la main Ă de nouveaux propriĂ©taires⊠Pour lui, aprĂšs 48 ans derriĂšre son comptoir, le passĂ© Ă©tait simple ; le futur, antĂ©rieurâŠÂ

Marcel Julia, ancien troisiĂšme ligne au RC Narbonne et Ă lâUSAP, vient de signer une mutation en faveur de lâUST. AussitĂŽt, ce natif de Corneilla del Vercol, sâinstalle Ă Thuir avec HĂ©lĂšne son Ă©pouse. «A 23 ans, je quitte Corneilla et lâentreprise familiale «Julia-Malet» de machines outils agricoles, dirigĂ©e par mon pĂšre et mes oncles pour me lancer dans la vie.» Câest le 1 Avril 1959, Marcel et HĂ©lĂšne, succĂšdent aux Ă©poux Farran derriĂšre le comptoir du vieux et minuscule bureau de tabac de la rue du souvenir. Câest alors lâartĂšre commerçante principale du cĆur de ville oĂč se concentrent une quarantaine dâĂ©choppes. Les soirs dâĂtĂ©, les gens vivent dehors, prennent «la fresca» sur les pas de porte, jusquâĂ tard dans la nuit. «En ce temps lĂ , nous ouvrions dĂ©s 6h du matin jusquâĂ 10 heures du soir. Et puis, chacun prenait davantage le temps de discuter quâaujourdâhui.» Confirme Marcel un tantinet nostalgique. «DĂ©s mon installation, jâai de suite eu comme clients tous les illustres anciens de lâUST. Ils mâont initiĂ© Ă la lĂ©gende du Club !» Sâexclame-t-il non sans fiertĂ©.TrĂšs vite, cet endroit devient rendez-vous des spĂ©cialistes du verbe haut, haut lieu des histoires croustillantes, siĂšge incontournable des commentateurs avisĂ©s des 4Ăšmes mi-temps qui refont les matchs et forment les Ă©quipesâŠUn peu Ă lâĂ©troit, en 1962, les «Julia» dĂ©cident dâagrandir leur magasin. Soucieux de diversifications, au tabac, timbres, confiseries, articles de chasse et de pĂȘche, ils intĂšgrent parfums, jouetsâŠet le journal dâici LâIndĂ©pendant. En 1971, Thuir connaĂźt une importante expansion grĂące Ă lâouverture de lâhĂŽpital. Les visites des caves Byrrh drainent un flot continu de touristes qui ignore le cĆur de ville. Vivoter ou rĂ©agir ? Marcel a choisi ! En 1972, il saute sur une opportunitĂ© et acquiert un «courtal» aux demoiselles Romeu, bien situĂ© sur un axe stratĂ©gique de passages. Il y fait bĂątir lâactuel magasin de plus de 100 m2. LĂ , outre le tabac, on y trouve timbres-poste, cartes postales, LâIndĂ©pendant, journaux nationaux et magazines, librairie. Il flaire le bon coup du lotoâŠ

En 1986, ses enfants, Anne et Marc intĂšgrent lâaffaire familiale. En 2000, le temps de la retraite pour Marcel a sonné ! Son fils lui succĂšde, informatise le magasin, le modernise, toujours sous lâĆil bienveillant de son pĂšre. Aujourdâhui, Marc a hĂ©las dĂ©cidĂ© de changer dâactivitĂ© et dâexplorer d’autres horizons. Les yeux rougis mĂ©lancoliques, Marcel a une tendre pensĂ©e pour sa fidĂšle clientĂšle. 48 ans ça tisse des liens ! «Jâai dĂ©cidĂ© de venir chercher mon journal tous les matins ici, bien sĂ»r comme client !« Se lance Monsieur Julia en guise de dĂ©fi comme pour ne pas oublier ce quâil a su crĂ©er et faire prospĂ©rerâŠ
