Thuir : Fin de saga des quincailliers !

Samedi 20 Janvier 2007 à 19 h la saga d’une célèbre famille thuirinoise de quincailliers prenait fin….

De charretier à quincaillier… Chez les Tignères, Fa temps ! On était charretier de père en fils… Cette grande lignée de charretiers thuirinois s’est achevée avec le jeune Marcel. Confronté à la mécanisation de l’agriculture qui supplantait le cheval, il a donc troqué la charrette pour le négoce. Qui, parmi les anciens thuirinois de souche, aurait oublié la quincaillerie Canal dans la rue Arago ? Continuer à lire « Thuir : Fin de saga des quincailliers ! »

Thuir : Une autre époque…

Un présent difficile ; un avenir incertain, chacun a besoin de se rassurer en se réfugiant dans son passé idéalisé aux valeurs sûres et authentiques … 

Au travers de ce reportage, nombreux se remémoreront un temps pas si éloigné que cela que nous considérons déjà comme rétro… Où il faisait bon vivre dans nos jolis villages du Pays Catalan regroupés autour de l’église et la mairie , où la vie y était simple, authentique, sublimée par des rapports humains véritables ! Allez ! Suivez-nous… C’était  le Vendredi 12 Juin 2007 à 11h35.

Qui soupçonnerait Marcel de ne pas être thuirinois de souche, tant il fait parti des figures emblématiques de cette Ville ? C’est aussi un personnage incontournable du rugby et de la vie de l’UST ! Ce Vendredi matin 12 juin 2007, son émotion contenue est palpable. Marcel Julia passe la main à de nouveaux propriétaires… Pour lui, après 48 ans derrière son comptoir, le passé était simple ; le futur, antérieur… 

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Marcel Julia (Photo La Gazette Catalane)

Marcel Julia, ancien troisième ligne au RC Narbonne et à l’USAP, vient de signer une mutation en faveur de l’UST. Aussitôt, ce natif de Corneilla del Vercol, s’installe à Thuir avec Hélène son épouse. «A 23 ans, je quitte Corneilla et l’entreprise familiale «Julia-Malet» de machines outils agricoles, dirigée par mon père et mes oncles pour me lancer dans la vie.» C’est le 1 Avril 1959, Marcel et Hélène, succèdent aux époux Farran derrière le comptoir du vieux et minuscule bureau de tabac de la rue du souvenir. C’est alors l’artère commerçante principale du cœur de ville où se concentrent une quarantaine d’échoppes. Les soirs d’Été, les gens vivent dehors, prennent «la fresca» sur les pas de porte, jusqu’à tard dans la nuit. «En ce temps là, nous ouvrions dés 6h du matin jusqu’à 10 heures du soir. Et puis, chacun prenait davantage le temps de discuter qu‘aujourd’hui.» Confirme Marcel un tantinet nostalgique. «Dés mon installation, j’ai de suite eu comme clients tous les illustres anciens de l’UST. Ils m’ont initié à la légende du Club !» S’exclame-t-il non sans fierté.Très vite, cet endroit devient rendez-vous des spécialistes du verbe haut, haut lieu des histoires croustillantes, siège incontournable des commentateurs avisés des 4èmes mi-temps qui refont les matchs et forment les équipes…Un peu à l’étroit, en 1962, les «Julia» décident d’agrandir leur magasin. Soucieux de diversifications, au tabac, timbres, confiseries, articles de chasse et de pêche, ils intègrent parfums, jouets…et le journal d’ici L’Indépendant. En 1971, Thuir connaît une importante expansion grâce à l’ouverture de l’hôpital. Les visites des caves Byrrh drainent un flot continu de touristes qui ignore le cœur de ville. Vivoter ou réagir ? Marcel a choisi ! En 1972, il saute sur une opportunité et acquiert un «courtal» aux demoiselles Romeu, bien situé sur un axe stratégique de passages. Il y fait bâtir l’actuel magasin de plus de 100 m2. Là, outre le tabac, on y trouve timbres-poste, cartes postales, L’Indépendant, journaux nationaux et magazines, librairie. Il flaire le bon coup du loto…

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L’équipe de l’époque du Hall de la presse

En 1986, ses enfants, Anne et Marc intègrent l’affaire familiale. En 2000, le temps de la retraite pour Marcel a sonné ! Son fils lui succède, informatise le magasin, le modernise, toujours sous l’œil bienveillant de son père. Aujourd’hui, Marc a hélas décidé de changer d’activité et d’explorer d’autres horizons. Les yeux rougis mélancoliques, Marcel a une tendre pensée pour sa fidèle clientèle. 48 ans ça tisse des liens !  «J’ai décidé de venir chercher mon journal tous les matins ici, bien sûr comme client !« Se lance Monsieur Julia en guise de défi comme pour ne pas oublier ce qu’il a su créer et faire prospérer…

 

Louis BALOFFI, alias Petit Louis mémoire de Collioure.

Fa temps ! Le temps semblait s’être arrêté emprunt d’insouciance à Collioure. Jusqu’à une cinquantaine d’années, les barques catalanes étaient tirées sur les rives de l’anse de Collioure. Prés de là, quelques artistes peintres bohèmes côtoyaient les pêcheurs. Les uns captaient la lumière au bout de leurs pinceaux ; les autres ravaudaient les filets, réparaient les nasses, tout en échangeant en catalan des dernières nouvelles, des derniers xipots (rumeurs) autour, il y avait là du silence et de la sérénité.

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Louis BALOFFI (Photo La Gazette Catalane)

Une figure de Collioure s’affaire dans sa cave convertie en petit atelier, ouvert aux regards curieux des passants… Le geste est minutieux, appliqué, c’est Louis Baloffi alias Petit Louis par les Colliourencs, mig francés mig catala, ancien marin de commerce et vigneron pêcheur. S’il ne navigue plus désormais Louis Baloffi, confectionne des maquettes de barques catalanes avec lesquelles il vogue sur les vagues de ses souvenirs…

M. Jean Marc Roger

Bateaux à Collioure d'André Derain
« Bateaux à Collioure » d’André Derain, une huile sur toile de 1905 conservée au Museum Kunstpalast à Düsseldorf (Allemagne).
André DERAIN "Collioure: le port de pêche"
André DERAIN « Collioure: le port de pêche »
André Derain Bateaux au Port de Collioure
André Derain Bateaux au Port de Collioure

Les chemins initiatiques de Marie et Samuel

C’est un bien étrange équipage qui apparaît aux détours des Caves Byrrh à Thuir… Un âne bâté, deux jeunes. Ils font halte un instant en cœur de ville… avant de partir pour les Fenouillèdes. Marginaux, ces jeunes ? Que nenni ! Voyons un peu…

Marie et Samuel (Photo La Gazette Catalane)
Marie et Samuel (Photo La Gazette Catalane)

Floc, brave baudet du Lot de son état, a quelques années de bât à son actif. Marie, 23 ans. Samuel, 25 ans. Voilà pour le cliché de famille ! Ils ont quitté confort et habitudes pour marcher sur les chemins. Mais pourquoi faire ?

Leur projet est de créer une ferme bio, artisanale et d’arts. Ils sont partis de Bergerac en Dordogne via Lodève, Estagel, Amélie les Bains. Un bon moyen de voyager à peu de frais, tout en s’imprégnant de la culture des endroits. «Notre idée c’est de voir du pays et de rencontrer des gens. Nous voulons nous installer, mais nous ne savons pas encore où.» Révèle la souriante Marie.

Doux rêveurs ? Originaux Marie et Samuel ?

De père Français et de mère Allemande, Samuel possède un Bac socio économique. Marie, de Bergerac a un Bac agricole en poche. «Après le Bac, plus grand chose à apprendre. Nous voulions pratiquer et découvrir le métier de paysan. Nous cheminons donc de fermes en fermes. Dans chaque ferme nous travaillons et en échange nous sommes logés, nourris. « Précise la jeune fille.

Marie et Samuel aspirent à donner chaque jour un sens à leur vie 

Chemin faisant, pas à pas, tous deux mûrissent, les expériences s’accumulent, le projet se précise… Les pieds sur terre, lucides, de concert ils s’exclament : «Nous sommes à l’école de la vie. Aucune université, ni aucune école, ne pourrait proposer ce que nous sommes entrain d’apprendre. Tous les jours nous apprenons ! » Sur le périple, les rencontres se succèdent, autant d’occasions d’ouverture aux autres. Nombreux les interpellent : »Qu’est-ce que j’aurais aimé faire comme vous ! » Lancent-ils fréquemment les yeux brillants.

Marie et Samuel (Photo La Gazette Catalane)
Marie et Samuel (Photo La Gazette Catalane)

Loin des sentiers balisés, des stéréotypes sociaux, des normes, ces petits enfants de la génération soixante-huitarde sont animés par un désir fort de réussir leur vie, de lui donner un sens profond. Être plus qu’avoir, voilà leur credo… C’est ainsi que Samuel ironise : «C’est comme ça que nous voulons vivre !  La ville ça ne nous convient pas. Le bureau, la routine, non merci…» Durant 4 ou 5 ans, par étapes de 15 km par jour, ils parcourront la vallée du Rhône, l’Alsace, puis l’Allemagne, les Pays Bas, puis retour en France pour la Bretagne. «Dans la vie quand on désire fort quelque chose ça advient très souvent.» Souligne, Marie résolument optimiste. Quelle belle histoire ! Quelle leçon d’humilité et de courage ! Bon vent à Floc, Marie et Samuel… Que ce chemin initiatique vous mène vers de heureux destins.

« Salut i força al canut ! » Le Byrrh fête ses 150 ans

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Emile Mustacchi aux caves Byrrh (Photo La Gazette Catalane)

Sitôt pénétré dans l’accueil des caves, les regards éberlués des visiteurs convergeaient sur Emile, surpris de le croiser hors les murs de Perpignan. En excentrique assumé des temps modernes, il s’était mis sur son 31 des plus personnels, ensemble aux couleurs acidulées : veste jaune, foulard fluo, bonnet «mustachien» visé sur la tête, pantalon vert flashy, baskets bariolées aux pieds. Ah ! Sans oublier le badge porté en amulette le représentant aux côtés de Marlène Nuage. Sous ses traits se cache un immense artiste aux talents peu reconnus.

Chose promise, chose dues !

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Emile Mustacchi aux caves Byrrh (Photo La Gazette Catalane)

Il y a une quinzaine de jours, le fantasque artiste perpignanais Emile Mustacchi avait fait vœux de se rendre à Thuir pour visiter les caves. Convaincu qu’il était d’y trouver la flamme de l’inspiration créatrice d’un nouveau genre. «C’est la première fois que je viens ici. Personne n’a pensé auparavant à m’y emmener.» Regrette l’artiste. C’était un grand moment, émouvant. Émile dans les caves Byrrh, l’image d’un petit bonhomme à la dégaine décalée, le regard infantile émoustillé par tant de découvertes, perdu dans le gigantisme des lieux. «On se croirait dans une cathédrale. Je me sent bien petit, encore plus petit que d’habitude aux pieds de ces gigantesques fûts» Lançait-il admiratif.

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Emile Mustacchi 150 ans du Byrrh (Photo La Gazette Catalane)

Au cours cette visite guidée, avec un œil avisé, Émile admire les originaux d’affiches originales réalisées pour le concours lancé par Lambert Violet en 1903 et les caricatures de l’humoriste Georges Leonnec. En fin de parcours, devant le somptueux kiosque de 1891 des expositions universelles de Paris à Moscou, l’artiste en dégustant l’élixir aromatisé confie «J’ai déjà eu l’occasion de goûter le Byrrh mais je trouve ça formidable. J’ai l’impression d’être sur une autre planète : La planète Byrrh

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Emile Mustacchi Anniversaire des 150 ans du Byrrh (Photo La Gazette Catalane)

Mais qu’importe ce qu’il y a dedans, l’essentiel c’est ce goût, cette robe ! C’est comme une belle femme qu’importe ce qu’elle a à l’intérieur l’important c’est son enveloppe extérieure, sa plastique.» Cette obsession plus qu’affective qu’il voue pour les rondeurs féminines ne fait-t-il pas écho au sevrage d’amour maternel de son enfance ? L’homme est pudique, il s’échappera. Sans jamais se dévoiler tel qu’il est vraiment dans son for intérieur, l’artiste use et parfois abuse de ses rires inimitables comme pour mieux esquiver l’expression de ses pensées profondes. Ce vernis qu’il cultive, servirait-il à dissimuler ses fragilités, son immense tendresse, son extrême sensibilité, pour se protéger ?

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Emile Mustacchi aux caves Byrrh (Photo La Gazette Catalane)

Antoine de St Exupéry n’évoquait-il pas »On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.» Qui sait lire dans le regard clair d’Emile saura saisir la profondeur de son âme. Aussitôt il enchaîne sans détour : «Tout fout le camp ! C’est très dommage que ce délicieux breuvage n’ait pas le succès qu’il mérite de nos jours supplanté par des boissons anglo-saxonnes au houblon ou chimique comme le Coca ! Il faut remettre cet élixir au goût du jour, le byrrh c’est bon pour tout. Je vais m’y employer !» Déclarait-il solennel, una miqueta provocativa. Tout en sirotant son Byrrh, il  avoue«Cette cave m’inspire fortement, j’aimerai créer quelque chose de bien, du classique mêlé au fantastique pour un rendu surréaliste.» Révèle Môônsieur Mustacchi en guise de clin d’œil à l’anniversaire des 150 ans du Byrrh.

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Emile Mustacchi  » Salut i força al canut ! » (Photo La Gazette Catalane)

Visites des Caves Byrrh : 

  • Mars : Fermé le Lundi – Visites à 10:45 et 15:30 Groupe sur réservation
  • Avril  Mai  Juin  Septembre – Octobre : Départ des visites de 09:30 à 11:30 – de  14:30 à 17:30
  • Tarifs individuels (- de 10 personnes) : 4 € / pers
  • Enfants (plus de 12 ans) : 2€ Gratuit pour les  moins de 12 ans

Pour plus de renseignements, merci de contacter au : Tél :+(33) 04 68 57 51 73 Mail:contact@aspres-thuir.com

Catalans per sempre (Catalans pour toujours)

Le monde merveilleux de Xavier Huertas

Il n’est pas rare de débusquer de singuliers personnages, de dénicher des trésors ignorés, tant les Aspres regorgent de talents ! Rencontre d’un extraordinaire passionné. Continuer à lire « Le monde merveilleux de Xavier Huertas »