Œnotourisme : La saga du Domaine des Demoiselles se perpétue sous l’impulsion d’Isabelle et Didier qui ont converti l’exploitation en agriculture biologique voilà 17 ans. Rencontre.

Au cœur des Aspres, Tressères. Ici, la vigne règne sans partage, court et dévale, croupes d’ocres, coteaux à galets roulés, terrasses de schistes blancs. Au sortir du village, une petite route s’évade parmi ces vignobles jusqu’au hameau du Mas Mulés. Là, de majestueuses bâtisses érigées par l’Église au début 18è siècle et le sourire avenant d’Isabelle Raoux accueillent le visiteur. Depuis la Révolution, sept générations d’agriculteurs, s’y sont succédées.

Isabelle en héritière de l’âme des lieux relate l’Histoire : »Mon arrière-grand-père a donné son nom au mas où il vivait avec ses quatre frères, chacun attaché à une activité agricole particulière. Joseph et son frère maquignon, la chariote chargée de fûts, montaient jusqu’à Renne vendre le vin. Son frère, descendait des chevaux de trait bretons pour en faire commerce ici.» Lors d’un voyage, Joseph reviendra avec une bretonne qu’il épousera.

De cette union naîtra Célina. Plus tard, celle-ci et son mari Michel Barde, reprendront l’exploitation viticole, longtemps appelé mas de Las Minyonas (jeunes filles) car de nombreuses jeunes filles y vivaient, Célina sortira ses premières bouteilles en 1978 identifiées Domaine des Demoiselles.
Deux passionnés

Jeune, rien ne prédisposait Isabelle à devenir vigneronne. Sa passion, l’équitation, la poursuivra 20 ans. «Ma grand-mère exploitera très tard seule ses terres espérant que l’un des petits enfants les reprenne. Personne n’était en perspective. Je me suis dit pourquoi pas moi !» Une formation d’œnologue plus tard, Isabelle lui succédera accompagnée de Didier Van Coteghem globe-trotter scaphandrier professionnel de son état, autodidacte reconverti à la viticulture. Inexpérimenté mais instinctif, snobé par le microcosme viticole local, le courageux duo est allé rechercher sous d’autres cieux la reconnaissance ! Aujourd’hui, leurs vins partent à l’export : Belgique, Italie, Grande-Bretagne, États-Unis…

Après quelques récompenses nationales, les portes se sont naturellement ouverte ici. Depuis 17 ans : à Didier, les travaux de la vigne, les vendanges manuelles ; à Isabelle, vinification, commercialisation. Le vignoble s’étend sur 30 ha d’un seul tenant, plantés de ceps de vigne parfois âgés de 70 ans où huit cépages constituent sa palette : carignan syrah, mourvèdre, grenache noir, muscat, macabeu, grenache gris et marsanne. Isabelle et Didier l’exploitent en harmonie avec la nature, sans pesticides ni produits chimiques.Climat sec, Tramontane, labours fréquents, préviennent des maladies, la lutte contre les ravageurs est menée de façon biologique. La vendange manuelle, les raisins triés en vigne, des rendements volontairement amoindris, permettent la vinification traditionnelle de raisins sains, gorgés de soleil où se concentrent le caractère naturel, les richesses de ce terroir originel. «La proximité des vignes et de la cave évitent l’oxydation du raisin lors des vendanges.» Précise Didier Van Coteghem celui venu vendanger quelques jours et qui n’est jamais reparti pour Chablis.

Toujours en recherche d’un vin d’exception, ces passionnés sont fiers de la cuvée haut de gamme du domaine Le Partage Côtes du Roussilon Les Aspres en millésime 2011. D’ailleurs, ces AOC Les Aspres viennent d’être reconnus par l’INAO avec une nouvelle hiérarchisation d’appellation Villages. « Dans les mois qui viennent nous organiserons des apéritifs vignerons musicaux pour animer ce lieux magique. » Informent de concert les sympathiques Isabelle et Didier.
Contact :
- Mas Mulès Tressère Tél : +33 4 68 38 87 10 – Mobile : +33 6 83 04 34 62
- Email : domaine.des.demoiselles@wanadoo.fr
- – 9h30/12h-15h/19h






Boutique d’Anne 7 carrer Na Patora Castelnou Tél : 04 68 59 49 40 – 06 62 33 33 01
En fuyant les Nazis, le philosophe et intellectuel juif berlinois, Walter Benjamin aboutit à Banyuls sur Mer. Là, Lisa Fittko, antinazi lui fait franchir la frontière clandestinement à Portbou… pour se réfugier en Espagne. Le destin en décidera autrement. Walter Benjamin y écrit sa toute dernière lettre en français le 25 septembre 1940 dans la chambre de l’Auberge France: « Dans une situation sans issue, je n’ai d’autre choix que d’en finir. C’est dans un petit village dans les Pyrénées où personne ne me connaît que ma vie va s’achever » Le 26 septembre 1940, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine.












