Menaces sur l’eau potable en Roussillon ?

Par Jean-Luc MODAT Le 28 Avril 2022

Dans un silence assourdissant d’indifférence, d’ignorance ou de je-m’en-foutisme, une menace insidieuse plane au-dessus de nos têtes telle l’épée de Damoclés ! Toutes les alertes lancées depuis des années par les hydrogéologues résonnent toujours en creux. Pourquoi ? L’accroissement des prélèvements, les dégradations liées pour l’essentiel, aux gaspillages, aux afflux massifs et exponentiels de populations, aux pollutions. Car si le sous-sol de la plaine du Roussillon abrite de précieuses et fragiles réserves d’eau, les plus profondes sont menacées de dégradations irréversibles, vitale pour nous tous.

Deux types de nappes

  • Les nappes Quaternaires peu profondes (maximum 20 m ) sont situées dans les bassins d’alluvions des trois fleuves côtiers du Roussillon (Agly, Têt, Tech) et sur les franges du littoral (Salanque, Illibéris) Elles sont alimentées par les infiltrations d’eaux de pluie et de cours d’eau.
  • Les nappes fossiles du Pliocène (Entre 6 000 et 12 000 ans) sont plus profondes jusqu’à 200m .Elles alimentent en eau potable nombre de nos villages de la Plaine du Roussillon.

50% de la consommation d’eau potable provient des nappes quaternaires (Bassins de la Têt; bassin du Tech) 50% proviennent des nappes profondes du Pliocène sur l’ensemble de la plaine.(*)

En Pays Catalan, la consommation d’eau potable est évaluées à environ 80 millions de m3 / an prélevés dans ces nappes du Roussillon, répartis entre : Agriculture intensive, piscines, gaspillages ménagers, forages, géothermie ! 50% destinés à l’eau potable du robinet, 1/3 à l’irrigation agricole, le solde restant aux activités économiques et commerciales, usages communaux et ménagers.

L’irrigation des cultures de fruits et légumes provient des nappes Quaternaires superficielles. Cependant, de nombreux forages « clandestins » pompent dans les nappes profondes notamment dans les zones autrefois dédiés à la vigne et aujourd’hui converties à l’arboriculture, notamment dans les Aspres. L’estimation de ces prélèvements agricoles serait évaluée entre 28/30 millions de m3.

Avec l’afflux touristique estival et les flux continus de nouvelles populations, les niveaux de la nappe du Pliocène vont continuer de baisser par ces prélèvements excessifs. Cela pourrait entrainer un effet syphon avec intrusion d’eau de mer dans la nappe (surtout en saison touristique) rendant irrémédiablement l’eau potable impropre à la consommation.

Sources : Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon

Modernités – globalisation / Traditions – Localisme

Il n’est pas rare que nouveaux arrivants, fraîchement installés, ou anti-autochtones invétérés, reprochent aux Catalans et aux Catalans de cœur, de défendre avec vigueur leur identité, leur culture et leurs traditions. Ces opposants, souvent tenants clivants de la pensée unique universelle bien commode pour eux pour se soustraire aux adaptations. Aussi, s’arrogent-ils le droit de dresser modernité contre Tradition, voire de la dénigrer. Au-delà de ces postures d’opposition s’esquisse une toute autre réalité ! (Par Jean-Luc Modat)

La Sardane danse de la Fraternité et de la Paix Photo  © Copyright  Jean-Luc Modat 2022

Ainsi, par l’absence de repères, d’ancrages, ceux-là même n’hésitent pas à nier, à dénigrer les traditions, les cultures ancestrales locales, la ruralité, en les associant à l’immobilisme, au retour en arrière, au conformisme de vieux réacs ringards…. par opposition à l’éloge d’une modernité, gage d’une évolution positive soutenue par la propagande de la culture urbaine Woke mondialisée hors sols, bien servie par les nouvelles technologies et les médias inféodées, asservie par l’éphémérité et la mobilité, stimulée pour une consommation effrénée…

Localisme, l’alternative à la mondialisation

Si des progrès indéniables, scientifiques, industriels, technologiques, ont participé à une évolution profitable du bien être de chacun de nous, pour autant, nos modes de vie individualistes associés au consumérisme, à la mobilité, à la croissance économique… Mettent en péril l’Humanité, hypothèquent l’avenir des jeunes d’aujourd’hui et des générations futures, provoquent la mise en danger de la Planète. L’économie circulaire, donner du sens à nos choix, par le retour à des consommations plus raisonnables, accès sur l’essentiel et la préférence locale est une réponse, un défi pour chacun d’entres nous.

Les courses ne sont plus réservées aux seules femmes, les hommes aussi s’y activent ! L’absence de présences d’hommes sur ce dessin est indépendant de notre volonté

Penser globalement, agir localement

Aaah ! Le progrès avec revers et travers : Perte de sens, disparitions des repères et des liens sociaux, abandons de valeurs humaines ; inflation des conduites addictives, l’implosion des familles, multiplications exponentielles des maladies mentales, mal-être au travail, pollutions… Ces symptômes non exhaustifs démontrent que ce progrès-là tel que nous le connaissons conduit à une impasse funeste. Les cultures traditionnelles régionales (catalanes pour notre part) sont donc essentielles aux survivances de nos identités et de nos racines catalanes, aux maintien de liens sociaux, s’y soustraire serait un renoncement, voire un reniement. A l’évidence, ne sommes-nous pas invités à rechercher l’harmonie, l’équilibre durable, entre modernité et traditions sans pour autant admettre pour notre part (les Catalans) la nécessité d’un repli sur nous-mêmes ? C’est à cela que s’attache le Collectif « Agissons Pays Catalan » que j’ai rejoint.

        

Photo  © Copyright  Jean-Luc Modat 2022

        

Réveillons nos consciences Catalanes ensommeillées !

Humblement, modestement, je tente de reprendre dignement une petite part du flambeau que nous ont laissé Adrienne Cazeilles, Eliane Comelade, Joan Cayrol, Jordi Barre, Albert Baussil, Pierre Camo… Et ce cri sourd exprime la passion pour la Nostra Mare Terra, l’inquiétude d’une dérive vers l’anonymat déculturalisé hors sol sans repères ni valeurs !

Des Racines et des Rêves…

L’exode des jeunes et des forces vives

Depuis des décennies les Pouvoirs publics et leurs obligés… s’activent méthodiquement à la disparition de l’existence du fait Catalan en organisant, orchestrant, structurant, le désert économique avec pour objectif l’exode forcé de nos jeunes donc des forces vives vers des grandes métropoles..

Conséquences : Sous-développement économique, laminage scolaire et étouffement culturel, invasion du tourisme de masse et bétonisation de nos villages et du littoral. Aux Catalans et Catalans de coeur (afagits) sont habillement substitués, remplacés délibérément par des recrutements et mutations de fonctionnaires et personnels originaires d’autres régions sans attaches locales : Et le tour est joué ! Les Catalans sont devenus minoritaires sur leur propre territoire.

Pour autant, pas le moindre signe sérieux, volontariste, de prise de conscience collective, pas le moindre soupçon d’une affirmation culturelle forte de identité catalane roussillonnaise détachée de toutes préoccupations et stratégies politiciennes ! Cette prise de conscience appartient à chacune, à moins qu’il ne soit déjà trop tard ?

Déjà, le Catalan Roussillonnais n’est quasiment plus parlé dans les rues de nos villages ou si peu, le % de catalans dans la population du Roussillon de cesse de fondre comme peau de chagrin, pour devenir résiduelle, anecdotique. Nos traditions disparaissent ou sont vidées de tout leurs sens, contenues dans des folklorisassions. La gastronomie Catalane Roussillonnaise si riche est supplantée par de la restauration de malbouffe mondialisée et revisitée : Wok, orientale, américaine, italienne, asiatique, espagnole…

Allez donc chercher des restaurants qui proposent de la vraie cuisine catalane ! Bon courage ! Basques, Béarnais, Corses, Gascons, Ariégeois, Périgourdins, Aveyronnais, Lozériens, Bretons, Alsaciens, Niçois, Provençaux, Savoyards, Normands, Lyonnais, vosgiens… Tous perpétuent avec bonheur et fierté leur patrimoine culinaire populaire et le brandissent en étendard identitaire et en patrimoine mémorial de leur région : Ici, à l’évidence, la stratégie de promotion d’un tourisme de « masse » est bien organisé avec la promotion de la malbouffe bien arrosée de Coca accompagnée de : Tacots, Cheeseburgers, kebabs, pizzas, hamburgers, couscous, nems, sushis et autres paëllas minimalistes revisitées…

Les « jours de la vieille » (els dies de la vella)

La légende populaire catalane

Els dies de la vella ? Ara I Sem (Les jours de la vieille ? Nous y sommes) Je vais vous conter cette très ancienne légende populaire catalane  : Les jours de la vieille. « La connaissez-vous ? Non ? Eh bien la voici ! Installez-vous bien confortablement a la vora del foc (prés du feu de cheminée), là, oui… Plus prés… Je vais vous la raconter » (chuchotements)…

Il était une fois, en Pays Catalan, au cœur des Aspres sauvageonnes, la Laurette, une vieille bergère catalane, qui depuis la nuit du temps, gardait son troupeau du côté de Castelnou…. Chaque année à pareille époque, la Laurette comptait de nombreuses bêtes mortes de froid. Une année, peut-être plus clémente, elle avait réussi à préserver du froid tout son bétail. Aussi, en cette fin de Mars, la Laurette était heureuse que l’Hiver soit enfin terminé ! Un beau soleil hardi lui prodiguait un excès d’enthousiasme… Soudain, allez savoir pourquoi, elle se mit à injurier le mois de Mars… A haute voix goguenarde, elle l’harangua en Catalan, bien sûr : « Mars, marcell, no has tingut la pell de cap vaca ni de vedeil ni ovella, ni porcell ni cabra ni cabrit, mal haja, are qu’est partit. » (Mars, marcell, tu n’as pas eu la peau d’aucune vache ni veau, ni mouton ni cochon ni chèvre ni chevreau. Maudit sois tu maintenant que tu es parti) » Seulement Mars entendit ses propos, vexé et courroucé il s’empressa de demander au mois d’Avril de lui prêter ses 3 premiers jours : « Abril gentil, deixa m’en un, deixa m’en dos, deixa m’en tres i un qu’en tinc feran cuatre, i totas la oveillas de la vella vull pernabatre. » ( Gentil avril, prête-moi un jour, prête-moi deux jours, prête-moi trois jours et celui qui me reste feront quatre pour que je puisse abattre toutes les brebis).« 

Ainsi fut fait : Avril cédant aux suppliques de Mars lui prêta ses trois premiers jours. La Tramontane se leva en rafales glaciales puis en tempêtes violentes, conjuguées à la grêle, au froid, à la neige… Un temps épouvantable ! Tous les agnelets de la vieille bergère périrent…. sauf un caché sous les jupons de la vieille !

Certes, depuis ces temps anciens la rancœur de Mars parfois est apaisée… Cependant, ces jours-ci, où que vous soyez en Pays Catalan, quand s’époumonera la Tramontane, prêtez une oreille attentive et vous percevrez, sans doute, la vieille Laurette geindre et pleurer son troupeau.

N’oubliez jamais la légende des jours de la vieille du 31 mars au 3 avril soyez attentif aux messages de Dame Nature !

Jadis, à proximité des églises, comme à l’église Saint Marie à Serralongue, étaient érigés de petits édifices carrés à quatre arcades ouvertes aux quatre vents, chacune surmontée d’une statuette d’un évangéliste. Les Conjuradors. Per conjurar el dolent tems (pour conjurer le mauvais temps) demander la clémence des cieux lors de ces jours de la vieille, des cataclysmes climatiques et plus commodément contre le mauvais sort… Les fidèles cheminaient en processions suivant le curé jusqu’au Conjurador?

https://museedupatrimoine.fr/musee-medieval-de-serralongue-pyrenees-orientales/34266.html

Il était une fois…. Des platanes

THUIR : C’est en flânant sur l’avenue du Docteur François Ecoiffier du côté de l’entrée du village que mon attention fut attirée par un énorme charivari des plus animés ! Non pas celui des engins d’élagage à l’œuvre mais par

Avenue du Docteur François Ecoiffier à Thuir Photo Jean-Luc Modat

C’étaient un grand rassemblement d’oiseaux écologistes : Passereaux, mésanges, moineaux, bergeronnettes, merles et quelques candides tourterelles. Les uns plus que les autres, tous piaffaient de colère, sifflaient à tue-tête contre l’abattage des majestueux platanes centenaires et la disparition de leurs habitats. Des arbres qui vivaient là, depuis des lustres, discrets et quiets, à l’écart des intrigues et turpitudes villageoises… Soudain, une nuée virevoltante fondit sur le rassemblement. C’est bien reconnu l’étourneau est un drôle d’oiseau, désinvolte i una mica (et un peu) provocateur. De cyniques étourneaux venus de je ne sais où, sans attaches villageoises, s’immiscèrent en vergogne dans les débats… Voilà qu’ils osent persifler cet abattage par un arrogant : ”Oui mais ces platanes sont tous atteints du chancre coloré !” Je ne vous dis pas comment ils ont été vilipendés de concert par tous les piafs !  

Avenue du Docteur François Ecoiffier à Thuir Photo Jean-Luc Modat

Là, se tenait coi, un vieil et sage xot (hibou catalan). Il prit la parole et le silence fut. Il rappela avec solennité à tous ces juvéniles volatiles : “ Le platane représente un symbole important de l’histoire du Pays Catalan… Celui, planté sur les places de nos villages qui prodigue cette ombre bienfaisante de fraîcheur en Eté, ceux des bords des routes souvenirs du temps des charretiers… Hélas, ces arbres majestueux sont le plus souvent remplacés par des palmiers, sans que le moindre humain feignant l’écologiste ne s’en offusque… “ Le sol était jonché de squelettes de branches de platane, de troncs agonisants sur les flancs… Pas les moindres traces de chanvre coloré ! “Pourquoi un tel massacre ?” Osa un impertinent petit moineau. La rumeur qui passait par là s’est épanchée en un “Paraît-il que c’est pour réaliser des places de parking !” Et le silence de l’indignation fut assourdissant.  

Trouillas : Pour un projet alternatif au hard discount

Un patrimoine vinicole détruit ; un pan de mémoire collective disparaît

Décidément les Pyrénées Orientales semblent être une terre généreuse d’accueil très très attractive pour les installations de supermarchés à bas coût « Hard discount » ! Le cœur de village de Trouillas ne possède que quelques commerces de proximité et pas l’ombre d’une boulangerie… Qu’à cela ne tienne ! Pourquoi ne pas vendre à un promoteur et raser les bâtiments de la cave coopérative pour y construire un « magnifique » hagard Hard discount ? Pour aboutir ? Jusqu’à peu, ce projet escomptait sur une certaine discrétion de bon aloi, passer sous silence, compter sur l’indifférence et la pusillanimité des populations… Seulement, ici, en Pays Catalan certains ne l’entendent pas de cette oreille !

Le Collectif Agissons Pays Catalan 

Le Collectif Agissons Pays Catalan avait appelé à un rassemblement à 10 h ce samedi 26 mars devant la cave coopérative de Trouillas pour dénoncer la destruction de ce bâtiment pour un projet commercial. Plus d’une soixantaine de personnes de tous âges, de tous horizons, de vignerons et d’anciens, d’élus de l’opposition municipale s’est rassemblée. Ces téméraires ont su braver tous les freins et toutes les réticences qui auraient pu les dissuader d’assister à cette mobilisation.

Effacer le patrimoine de nos villages pour dissiper l’identité catalane

Le Collectif Agissons Pays Catalan par les voix de son président Pierre Rossignol et de son vice Président Joan Nou contestent la décision de la SCAV Laure de Nyls (Société coopérative agricole de vinification) propriétaires des coopératives de Ponteilla, Pollestres, Bages, Saint-Jean-Lasseille et Trouillas. Pour Pierre Rossignol et Joan Nou d’autres solutions existent que la destruction du bâtiment pour l’installation d’un hard discount. Ils préconisent aussi la réalisation de projets structurants en adéquation et osmose avec le territoire et ses populations…. Ce bâtiment pourrait être par exemple restauré en complexe hôtelier pour l’accueil des très nombreux touristes attirés par les circuits œnotouristiques ou aménagé en une halle dédiée aux producteurs locaux en vente directe, à des espaces de traiteurs et de restauration de gastronomie locale, à d’une boulangerie artisanale, à des vitrines des savoir-faire locaux, à l’installation d’artisans d’Art, à des espaces dédiés à la culture et enfin à d’appartements au premier étage. Qui pourrait imaginer qu’un Hard Discount puisse créer une telle dynamique dans ce territoire ?  » Existe-il une vision pour le Pays Catalan ?  » S’interroge avec justesse Joan Nou et d’insister : « Son authenticité, son identité petit à petit s’étiolent, il en va aussi de l’âme de nos villages« . Les dirigeants du Collectif Agissons Pays Catalan ont annoncé en conclusion du rassemblement qu’ils demanderaient audience et soutien auprés de Remy Attard Maire de Trouillas.

Comme le projet de destruction de la cave coopératives de Trouillas pour bâtir un hard de Hard Discount, de très nombreuses caves coopératives dans nos villages sont promises au même destin funeste,  pour des réalisations sans pertinences ! Interrogeons-nous sur cette profusion d'installations de ces grandes surfaces et en particulier des hards discount en Pays Catalan... Parmi les premiers émérites Départements les plus pauvres et champion de France du taux de bénéficiaires de RSA... Il aurait été judicieux d'y installer une vraie halle de producteurs locaux et du Pays Catalan par exemple !

Destruction du patrimoine viticole et agricole.

Qui pourrait être dupe ? Derrière ces nombreuses destructions d’empreintes du passé glorieux viticole catalan se cache la volonté de dissoudre tout fait catalan, toute histoire, tout passé, tout présent, toute forme d’avenir ! La disparition de la viticulture en plaine dans la perspective de toujours construire davantage de lotissements anonymes sans aucune vision pertinente et cohérente de l’aménagement durable du territoire, avec ses corolaires d’augmentation des flux routiers, des impacts irréversibles sur la nappe phréatique du Pliocène (220 m de profondeur).

Le Collectif « Agissons Pays Catalan ?

« 100% local, 100% independant, 100% Pays catalan »

Un groupe de femmes et d’hommes, de tout bord politique, aimant leur terre mais surtout convaincus de son immense potentiel. Le Pays Catalan est un surdoué qui s’ignore !

Pour rejoindre le Collectif : → #Agissons! – Tel : 06.31.02.92.89 – Mail agissons66@gmail.com

La légende catalane de La Patorra, la vella de les set cames

Je vous propose de raviver nos vieilles traditions catalanes qui rythmaient jadis la vie de nos ancêtres au cœur même des villages et des mas du Pays Catalan… 

Il était une fois une vieille tradition catalane d’ici, hélas disparue voilà un siècle, qui rythmait jadis le quotidien du Carême alors strictement observé. Prohibées ! Les généreuses charcuteries… Défendue ! L’ollada ben porquejada (l’ouillade riche en cochonnailles) Chacun « se délectait » de légumes, d’œufs et de morue principalement. Du mercredi des Cendres à Pâques, sept semaines obligeaient chacun aux privations, à respecter deux préceptes : Jêune et abstinences.

Vella

Là, intervenait la tradition catalane de la Patorra, la vella de les set cames (la vieille aux sept jambes) Petite poupée ou effigie de carton, la Patorra au faciès peu avenant, grincheuse, tenait d’une main une morue, de l’autre un panier de légumes. Elle possédait sept jambes, une pour chaque semaine de Carême.

Chaque samedi ou dimanche, on lui arrachait une jambe comptant ainsi le nombre de semaines qui séparaient de Pâques. On la brûlait le Samedi Saint venu, veille de Pâques (el dissabte de Glòria), à la grande joie des enfants et au grand soulagement des grandes personnes qui rêvaient de truitada amb cansalada (l’omelette à la ventrèche) et les délicieuses bunyetes…

Liberté, j’écris ton nom

Paul Eluard 1942 extrait du recueil « Poésie et Vérité » message de lutte et d’espoir 

Par-delà de cet émouvant poème, véritable ode à la Liberté, en ces temps où certains recourent à monter les UNS contre les AUTRES pour mieux assujettir, ne serait-il pas judicieux de recouvrir de la lucidité, du libre arbitre, de la Fraternité, pour retrouver et emprunter les chemins de notre Liberté chérie !

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore

Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux

Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre

Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir

Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
LIBERTE

Compotée d’abricots du Roussillon

Compota d’albercoc del Rosselló

Par Jean-Luc Modat

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

La Plaine du Roussillon était la terre de prédilection de l’abricotier Ara fa temps(1) ! Fruit de l’Eté par excellence, paré de sa jolie robe chamarrée de velours orangé délicatement mouchetée de rouge, le Rouge du Roussillon y régnait sans partage. Le temps venu des confitures, ma Grand-mère préparait tout aussi bien sa savoureuse compotée d’abricot. Là, comme une évidence, ce tendre souvenir s’est imposé à moi, celui d’exécuter sa recette avec les quelques abricots dont je disposais… Découvrez cette belle compotée d’abricot de Mamie Rose. Ô ! Ne soyez surtout pas surpris(e) par l’extraordinaire explosion de fraîcheur en bouche exprimée par des notes légèrement acidulées, cette compotée est un délicat dessert frais, sain, vitaminé. Hola hola!!! Això és bo ! (2) Le fait maison c’est sacrément bon…

(1) maintenant ça fait longtemps (2) ça c’est bon !

Préparation 5 min Cuisson 30 min

≈ (= Environ) càs (= cuillère à soupe) càc (= cuillère à café)

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Ingrédients  (Pour 2 personnes)

  • 1 quinzaine d’abricots du Roussillon
  • 2 càs de sucre roux
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 pincée de cannelle
  • 1 càs d’eau

« Tu es ce que tu manges »

Poulet aux champignons par Jean-Luc Modat (Ma Cuisine Catalane d'hier et d'aujourd'hui)

Réalisation par étape

Etape 1

Laver les abricots. Les fendre en deux pour en retirer le noyau puis couper chaque moitié en deux. Si les fruits manquent de maturité  ajouter du sucre.

Etape 2

Dans une casserole verser 1 sachet de sucre vanillé, 1 à 2 cuillères à soupe de sucre, (selon maturité des fruits) 1 cuillère à soupe d’eau, la pincée de cannelle, ajouter les abricots. Porter à légère ébullition et laisser compoter 15 min à petit feu à couvert. Puis retirer le couvercle et parfaire la cuisson 15 min à feu très doux. Retirer et laisser refroidir.

Etape 3

Garnir chaque bol de compotée d’abricot. Réserver au frigo. Servir bien frais. Régalez-vous !

i bon profit Amics !

C’est bon à savoir !

L’abricot regorge de nutriments excellents pour la santé. Riche en caroténoïdes, en fibres et source de vitamines A et C… Il stimule le transit intestinal. L’abricot contient aussi des antioxydants dont les composés phénoliques permettent de neutraliser les radicaux libres et prévenir l’apparition de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. 

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Melon, abricot, pêche au Muscat de Rivesaltes

Meló, albercoc, pesca, amb Moscat de Rivesaltes

Par Jean-Luc Modat

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

En Pays Catalan, fa temps (1) que le melon y est cultivé… Ce fruit est l’incontournable de l’Eté gorgé de soleil. Comme il n’a pas la grosse tête il adore partager sa belle notoriété avec ses amis catalans les abricots rouges du Roussillon et les pêches jaunes du Ribéral ! Naturellement, le melon invite donc ses amis à une rencontre rafraîchissante ! Pour arroser leurs retrouvailles hautes en couleurs, rien de tel qu’un petit Muscat de Rivesaltes de derrière les fagots… Huuum… Un régal ! Ô ! Això m’agrada (2) ! Osez donc ce véritable concentré vitaminé, idéal pour faire le plein d’énergie !

(1) ça fait longtemps (2) J’aime ça !

Préparation 10 min

≈ (= Environ) càs (= cuillère à soupe) càc (= cuillère à café)

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est bouton-catalan.png

Ingrédients  (Pour 2 personnes)

  • 1 melon mûr du Pays
  • 2 belles pêches jaunes
  • 2 abricots rouges du Roussillon
  • 2 cuillères à café de sucre roux (facultatif)
  • 1 verre de muscat de Rivesaltes.
  • Quelques feuilles de menthe

« Tu es ce que tu manges »

Poulet aux champignons par Jean-Luc Modat (Ma Cuisine Catalane d'hier et d'aujourd'hui)

Réalisation par étape

Etape 1

Sur une planche de découpe, couper le melon en deux puis en deux l’épépiner. Retirer la chair au couteau, la détailler en dés. Réserver.

Etape 2

Laver les abricots. Peler pêches. Les dénoyauter. Les découper en dés grossiers. Verser l’ensemble (melon, abricot, pêche) dans un saladier. Mélanger. Saupoudrer de 2 cuillères à café de sucre. Arroser d’1 verre de muscat.

Etape 3

Garnir chaque bol de salade de fruits et de jus. Réserver au frigo. Au moment de servir bien frais, saupoudrer de menthe ciselée. Régalez-vous !

i bon profit Amics !

Choisir un bon melon !

Rares sont ceux qui savent comment choisir un bon melon !

Un bon melon est marqué de 10 tranches sur la peau (ou rayures), n’est pas mou, est lourd, exhale un parfum sucré, sa queue (pécou) se décolle.

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