Ma recette de la confiture de melon…

Voilà ma recette savoureuse de confiture de melon qui égayera vos petits-déjeuners et émoustillera vos papilles cet Hiver. Cette confiture de melon et citron est un vrai bonheur. Facile à réaliser, elle apportera en bouche, des touches subtiles acidulées et fraîches à vos papilles !

  • 3 melons Cantaloup ou melons d’hiver selon saison
  • pour environ 2 kg net de chair
  • 1 kg de sucre cristallisé
  • 2 bâtonnets de cannelle
  • 2 Gros citrons bio et non traités APRÈS récolte
  • 1 Citron vert bio non traité APRÈS récolte (zeste + jus )
  • 4 Pommes bio

Préparation

La veille  

  • Couper les melons en quartiers, épépiner.
  • Retirer l’écorce et couper la chair des melons en gros dés.
  • Peser cette chair sur une balance cuisine
  • Pour 2 kg de chair compter 1 kg de sucre.
  • Mélanger la chair au sucre dans un saladier,
  • filmeR et laisser macérer au frigo toute la nuit.

Le lendemain

  • Sortir le saladier du frigo
  • Verser le contenu du saladier dans la bassine à confitures
  • Laver les citrons
  • Trancher-les en deux, débiter en fines rondelles. Épépiner
  • LES AJOUTER AVEC 2 bâtonnets de cannelle DANS LA BASSINE
  • ZESTER LE CITRON VERT PRÉALABLEMENT LAVÉ
  • Presser ce citron, verser son jus
  • TOUILLER L’ENSEMBLE
  • LAVER LES POMMES
  • ÉPLUCHER ÉPÉPINER
  • DÉPOSER ÉPLUCHURES ET PÉPINS DANS UNE COMPRESSE DE GAZE
  • NOUER LA
  • L’INCORPORER DANS LA BASSINE

Astuce ! Les bienfaits de la pectine sur la santé

Les confitures de melon sont très liquides. Une astuce réside à ajouter des pépins et des épluchures de pomme. C’est un gélifiant naturel qui apportera du corps, une cuisson moins longue et permettra de conserver sa belle couleur au fruit. La pectine possède des propriétés d’actions sur le taux de cholestérol et de glycémie…

Par ailleurs, l’adjonction de citrons empêchera au sucre du melon de cristalliser.

La cuisson

  • Porter à ébullition puis cuire à gros bouillons 20 mn
  • Écumer, touiller délicatement
  • Continuer à feu doux de 40 mn à 1 heure jusqu’à obtenir les dés de melon translucides.
  • Dans une assiette froide, déposer quelques gouttes de confiture
  • Si elles se gélifient : C’est cuit !
  • Verser aussitôt la confitures en pots stérilisés
  • Fermer avec couvercles les retourner
  • les laisser refroidir
Ma recette de confiture de Melon (Photo Jean-Luc Modat )

Le melon est riche en vitamine A et en fibre et permet un apport important en vitamine C pourquoi s’en priver ? Comment bien débuter votre journée ? En dégustant cet Hiver votre excellente confiture de melon sur tartines grillées beurrées au petit-déjeuner.
Sachez que le melon gorge d’eau 80 % est très rafraîchissant, riche en vitamine A et en fibre et un apport important en vitamine C pourquoi s’en priver. 

Retrouvez Ma cuisine catalane d’ahir i d’aviu sur Facebook !

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est ma-cuisine-catalane-dhier-et-daujourdhui.jpg


Ma recette catalane du pain perdu

Allez donc savoir ce qu’il m’a pris, ce matin, de fouiner dans la vieille boîte aux souvenirs ! Soudain, en farfouillant, je déniche un vieux cahier d’écolier défraîchi… J’y découvre, parmi les feuilles jaunies par le temps, la belle calligraphie de ma grand-mère chérie, Manie Rose : Sa recette catalane du pain perdu ! Là, surgissent les souvenirs gourmands des goûters de mon enfance … Les émotions m’envahissent malgré moi. Ah ! Le pain perdu de Mamie Rose ! ça vous direz de partager cette belle recette ?

Temps préparation : 15 min Temps de cuisson : 5 min Difficulté :  Facile

Ingrédients pour 4 personnes

  • 8 belles tranches de pain rassis d’environ 1,5 cm d’épaisseur
  • 4 œufs de poules élevées en plein air en Tordères
  • 1/2 litre de lait entier frais de Cerdagne
  • 2 cuillères à café de cannelle + 1 cuillerée à soupe de sucre vanillé
  • 2 zestes de citron non traités
  • 4 cuillerées à soupe d`huile d`olive + 2 noix de beurre
  • Environ 200 g de sucre semoule et sucre glacé

Préparation de la recette

  1. Chauffer le lait sans bouillir, la cannelle et les zestes de citron dans une casserole
  2. Laisser infuser demie heure pour bien parfumer le lait
  3. Ôter les zestes, verser le lait tiède dans une assiette creuse.
  4. Battre les œufs en omelette dans un saladier,
  5. Verser-les dans une autre assiette.
  6. Tremper les tranches de pain dans le lait puis dans l’œuf et faire-les cuire dans une poêle avec huile d’olive et les noix de beurre (feu vif).
  7. Une fois doré des deux côtés,
  8. Déposer le pain perdu dans un plat, saupoudrer de sucre semoule et (Option sucre glacé )
  9. C’est prêt à être dégusté ! Offrez ce délicieux goûter à vos enfants ou petits enfants…. Ce pain perdu peut aussi servir de désert accompagné d’une boule de glace bio à la vanille naturelle… Ou d’autres parfums selon vos goûts.

Et vous, que faites-vous votre pain rassis ?

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est recette-du-pain-perdu-photo-la-gazette-catalane.com11.jpg

Texte et photos Jean-Luc Modat Tous droits réservés

La recette catalane : Pa d’ous de Mamie Rose (pain d’œufs)

Si vous avez, comme moi, le Pays Catalan chevillé au cœur… Si vous êtes attaché(e) à sa culture, à son Art de vivre, à ses traditions… Je vais donc vous révéler ici, la recette du Pa d’ous de Rose, ma tendre grand mère. Le Pa d’ous ! (en français le pain d’œufs.) Hum ! au goût simple des bonnes choses ! L’un des déserts préférés des Catalans !

Le pa d’ous un désert simple

Des vagues de souvenirs couleurs sépia déferlent en flux d’odeurs et en écumes d’émotions…. Souvenez-vous de ces repas familiaux dominicaux, de ces « quatre heures » goûters gourmands… Autrefois, il cuisait lentement au bain-marie dans l’âtre de la cheminée à Politg… Plus tard, sur la cuisinière à charbon ; Aujourd’hui, dans le four à chaleur tournante… Peu importe la manière ! Il demeure ce vrai délice au bon goût simple de l’authentique ! Dans sa recette ma grand-mère Rose ne prépare pas de caramel pour alléger en sucre le pa d’ous.

Recette incontournable qui plaît à tous les coups !

Temps de préparation : 15 min – Temps Cuisson : 45 min au four au bain-marie 180 °c

Ingrédients / pour 6 personnes

Privilégier les produits issus de l’agriculture du Pays Catalan et respectueuse de l’environnement.
1 litre de lait frais entier Cimelait de Cerdagne – 120 g de Sucre de canne bio non raffiné en poudre – 8 gros œufs Bio extra-frais de poules élevées en plein air – 1 belle gousse de vanille – des zestes de citron naturel non traité

Cuisson : 50 min au four au bain-marie à 180 ° (Th 6)

  • Faire bouillir le lait sucré dans une casserole avec la gousse de vanille fendue.
  • Laisser infuser 2 heures
  • Retirer la gousse faire tiédir le lait
  • Dans un saladier battre les œufs.
  • Versez dessus le lait petit à petit dessus en fouettant vivement,
  • Ajouter les éclats de citron
  • Verser la crème dans le moule à flan
  • Placer ce moule dans une jatte contenant de l’eau
  • Cuire au four et au bain-marie
  • Ni la crème, ni le bain-marie ne doivent bouillir.
  • Planter une aiguille à tricoter si elle tient toute seule. C’est cuit !
  • Laisser refroidir le pa d’ous dans son moule.

Avant de servir le pa d’ous, tremper le moule 30 secondes dans de l’eau bouillante, pour bien démouler le pa d’ous.

Coups bas porté à l’enseignement du Catalan…

Le Collège associatif de l’Oficina Pública de la Llengua Catalana (Office Public de la Langue Catalane ) communique :

« C’est avec une vive émotion que le Collège associatif de l’OPLC a appris, ces derniers jours, la décision du Ministère de l’Éducation Nationale de suspendre le concours de professeur de catalan en 2020. La suspension du CAPES, la première fois depuis 26 ans, est une décision totalement lamentable, injustifiée et inacceptable, quand nous savons que de nombreux collèges de Catalogne Nord se trouvent encore dépourvus de professeurs de catalan, et ce malgré les besoins et les demandes des parents d’élèves. Au nom du Collège associatif, nous demandons au préfet et à la rectrice d’académie, qui représentent l’État au sein de l’OPLC et qui ont exprimé leur soutien aux objectifs de l’OPLC, il y a peu de jours, de transmettre au Ministère notre demande afin qu’il révise cette décision incompréhensible. De la même manière, nous demandons aux autres institutions publiques, membres de l’OPLC (la Région, le Département, la ville de Perpignan, le SIOCCAT et l’Université de Perpignan), qu’ils manifestent leur désaccord avec cette décision, afin de renforcer la crédibilité et la légitimité de l’OPLC. Enfin, nous demandons à tous les élus du territoire, maires, conseillers départementaux, régionaux, députés, sénateurs de peser de toutes leurs forces afin de faire changer les choses. Nous voulons un CAPES de catalan en 2020 et pour les prochaines années, et le Collège associatif de l’OPLC assure aux 460 000 catalans du nord qu’il demeurera mobilisé jusqu’à ce que cette décision soit changée. »

L’Oficina Pública de la Llengua Catalana comunica

« L’Aplec, Associació per a l’ensenyament del català, ha après el 6 de setembre que el Ministeri havia decidit de suspendre el Capes de català, no obrint el concurs en 2020. La decisió és històrica : el concurs de professor de secundari creat en 1992 no havia estat mai interromput des de fa 26 anys. La décisió és encara més sorprenent quan se sap que hi ha sempre una desena de col·legis de Catalunya Nord que no tenen professor de català, i que la demanda de les famílies no és coberta. Una decisió sobretot que sona com una provocació, o al menys com un desmentit contundent de les boniques paraules dels representants de les institucions, inclús l’Estat, durant la sessió d’instal·lació de l’Oficina Pública de la Llengua Catalana. El prefecte i l’inspector acadèmic, dos dies abans, destacaven l’interès de l’Estat per participar a la promoció de la llengua catalana. L’Aplec ha demanat immediatament a tots els elegits representant els catalans d’intervenir i demana al Ministeri d’Educació de corregir d’urgència aqueixa decisió incomprensible i inacceptable. A pocs mesos de cites electorals, la manca de respecte ostensible del govern per la llengua catalana i pel seu ensenyament és inexplicable. La supressió, fins i tot momentània del Capes de català, seria un cop greu contra l’ensenyament de la llengua a tots els nivells i en particular contra els estudis catalans a la Universitat. L’Aplec estudia per les setmanes vinent de mobilitzar pares, estudiants i ensenyants si la sessió 2020 del Capes no era reoberta ràpidament. »

La (vraie) légende catalane des féroces Simiots ?

Un simiot ? Què és això ? Bon ! Ni vous, ni moi n’étions témoins quand ça s’est passé… Il faut remonter le temps, des siècles jusqu’au temps jadis. Fa temps ! Feuilletons le grand livre de la mythologie catalane…. « Voyons un peu ! Si… Si… Simoits… ça y est, trouvé ! » La page indique l’existence de créatures diaboliques, d’affreux petits monstres constitués d’un corps de félin, d’une tête et d’une queue de singe…. Ces bestioles sont appelées Simiots. Poursuivons…

La légende catalane

Els simiots de Basalú

La légende dit que « Les simiots vivaient terrés dans les montagnes du Vallespir i de l’altre costat dels Pirineus, dans le haut Ampurdan. La nuit venue, ces créatures diaboliques sortaient des forêts pour envahir les bourgs et les villages, sans crainte des hommes. Ces féroces simiots escaladaient les toits descendaient par les cheminées pour s’emparer des enfants qui n’étaient pas sages, les enlever et les dévorer. « Breuh! Ja tinc por ! »

Qu’en disent les chroniqueurs d’alors ?

Simiots1

L’approche de l’An Mille provoqua craintes et terreurs populaires… Aussi nombres de récits naïfs focalisèrent toutes ces peurs obsessionnelles en l’avenir. A cette époque, en comté du Roussillon, le Vallespir est frappé d’énormes inondations destructrices des récoltes, génératrices de terribles famines et de la peste. Ces cataclysmes poussent les bêtes sauvages (Ours, sangliers, lynx, loups, sangliers, chats sauvages ) à quitter leurs repaires, à errer nuit et jour prés des habitations à la recherche de nourriture jusqu’à s’attaquer aux populations. Hallucinations liées à la famine ?

Simiots2

Si certains habitants croient deviner des monstres étranges et inconnus ; d’autres ragots évoquent les Yetis (Survivances sauvages imaginaires de l’Homme néandertalien.) Cependant, renommés troubadours de l’époque et éminents savants xipotaires s’accordent pour les baptiser simiots pour leurs ressemblances aux singes. En Arles sur Tech, il y a en ce temps là, au monastère de moines noirs bénédictins de l’ordre de Cluny, un certain abbé Arnulfe, un saint homme vertueux…

Simiot al Calendari 2016 de mitologia catalana. Il·lustració d’Anna Ribot Urbita

Les ragots colportés médisent que tout cela est arrivé à cause de ses propres péchés et de ceux des habitants de la région, le fléau ne peut être conjuré que par l’arrivée en ce lieu d’Arles des reliques de quelques saints. C’est ainsi qu’Arnulfe part en 960 pour Rome. Là-bas, il est reçu par le pape Jean XIII pour obtenir les précieuses reliques de St Abdon et Sennen à ramener à Arles/Tech.

Pour les préserver durant le voyage, l’abbé Arnulfe cache ces reliques dans des barriques aménagées en compartiments remplis d’eau. C’est grâce à cela qu’elles sont acheminées par bateau jusqu’à Cadaques. Chargées à dos de mule, l’abbé Arnulfe escorté d’un muletier partent pour le Vallespir. Chemin faisant, engagés sur un sentier en surplomb d’un vertigineux ravin, le muletier lâche un beau et gros bon juron pour encourager son animal hésitant. Sitôt dit, la bête dégringole et disparaît dans l’abîme. Adieu le précieux tonneau ! Dépité, Arnulfe poursuit sa route. Aussi quelle n’est pas sa surprise à l’approche d’Arles d’entendre sonner les cloches à la volée puis de découvrir sur la place de l’église la populace pieuse, agenouillée autour du mulet et DU tonneau intacts qui a déjà opéré la guérison de plusieurs pestiférés. La légende raconte qu’à son arrivée, les Simiots auraient déguerpi à jamais… Ainsi la légende était née ! Survivance de cette ténébreuse époque ? Lors de la fête de l’ours en Vallespir, l’homme déguisé en ours est appelé Simiot. En clôture de cette fête, « l’ours » est rasé pour lui rendre son aspect humain.

Simionts Eglise Saint André sorède

Simionts Eglise Saint André sorède

Si la légende des herbes de Saint Jean m’était contée ?

Ce matin là, le soleil embrasait lentement l’horizon du Pays Catalan. Au cœur des Aspres, la garrigue exhalait d’extraordinaires flagrances enivrantes, infusées la nuit durant. Je profitais du temps sec de cette matinée pour glaner ça et là du thym fleuri… Soudain ! Devinez donc qui j’aperçois ? Je vous le donne en mille…

Textes et photos Jean-Luc Modat (La Gazette Catalane.com)

© 2019 Tous droits réservés photos Jean-Luc Modat (La Gazette Catalane.com)

Manel ! Mais oui, Manel du hameau de Politg ! Vous savez bien ce vieux berger des abeilles ; Conteur et poète à ses heures perdues. Le béret toujours vissé sur la tête, le regard vif illuminé, le visage buriné par le temps, souligné par de belles moustaches grisonnantes. Aucunes légendes catalanes n’avaient de secret pour lui. « Té nin ! » S’exclama-t-il « Je suis heureux de te trouver ici. Partageons mon almozar. » Quel merveilleux moment complice ! Côte à côte, juchés sur un rocher, face à la merveilleuse plaine du Roussillon, nous dégustions de succulentes charcuteries maison sur de belles tranches de pain, accompagnées d’un excellent vin fruité … Brusquement, Manel brisa notre silence.  » Dans quelques jours ce sera la Saint Jean… Si depuis la nuit des temps, les feux de la Saint Jean perpétuent de vieilles traditions païennes liées au solstice d’Eté et à l’apogée dans le ciel du soleil, les herbes de la Sant Joan ont aussi leurs légendesJe suis convaincu que tu ne connais pas cette vieille légende catalane. Comme toutes les légendes populaires, elle débute par il était une fois…  » Il sirota d’un trait un bon verre de vin, s’essuya les moustaches d’un revers de manche, et sur le ton de la confidence débuta son histoire

© 2019 Tous droits réservés photos Jean-Luc Modat (La Gazette Catalane.com)

La légende…

« Si depuis la nuit des temps, les feux de la Saint Jean perpétuent de vieilles traditions païennes liées au solstice d’Eté et à l’apogée dans le ciel du soleil, les herbes de la Sant Joan ont aussi leurs légendes qui débutent presque toutes par il était une fois… Il en va de cette vieille légende catalane que voici  » ( Manel semble réunir ses souvenirs et de poursuivre ) « C’est l’histoire de Maria, une belle jeune fille de Montauriol qui la nuit de la Saint Jean fait connaissance d’un bel inconnu. A l’aube, la belle court la garrigue cueillir le ramellet Sant Joanenc (le bouquet de la Saint Jean) composé de trois ou sept espèces d’herbes sauvages et sacrées : l’immortelle (sempreviva), le millepertuis (perico groc), 3 feuilles de noyer (noguera).

« Elle réunit ces herbes en croix pour les clouer sur la porte d’entrée du logis. Maria remplace alors le bouquet de l’année écoulée le brûle dans la cheminée dont la fumée s’échappe vers le soleil en promesse de prospérité des cieux… Ce bouquet posséderait les vertus d’éloigner, diable, bruixes et esprits malfaisants. Au matin, comme convenu, le galant se présenta au seuil du logis de la belle Maria. Il ébaucha plusieurs tentatives pour y entrer mais fut pris de malaises. Devant ses échecs, il disparu soudain dans une odeur âcre de souffre en lâchant un lugubre hurlement. La belle effrayée réalisa alors que sous les beaux traits du prétendant se dissimulait le diable. Son ramellet de Bonaventura venait de la sauver. Ainsi, court toujours la légende dans les Aspres…et dans tout le Pays Catalan ! « A ces mots, Manel planta dans mes yeux son regard empli de bonté et de bienveillance pour susurrer à l’oreille : « Transmets donc cette histoire à tes enfants. Ils la transmettront eux-mêmes à leurs enfants… Car vois-tu en ce bas Monde, aujourd’hui, le Diable prend toujours de belles et séduisantes apparences pour mieux tromper les âmes vulnérables et assujetties aux cupidités vénales et ainsi les confondre ainsi aux malheurs éternels…  »

La Saint Jean une histoire de lumière et de soleil

Herbes magiques et médicinales, les herbes dites de la Saint Jean sont des plantes sauvages auxquelles sont prêtées des vertus bienfaisantes, médicinales. Elles puiseraient leur forces, leurs vertus, leurs énergies, du soleil à son apogée lors du solstice d’Été. La fleur-symbole du solstice d’été est bien le millepertuis si abondante dans les Aspres ! Après les Feux, tous à vos paniers !

Depuis la nuit des temps la Saint-Jean est liée à la symbolique de l’eau de la purification : la tradition incitait chacun à se rouler nu dans les prairies humides de la rosée matinale, ou à des ablutions matinales, la traversées de rivières par les troupeaux….

Tous droits réservés Textes et photos Jean-Luc Modat (La Gazette Catalane.com)


Publicités

Les jours de la vieille, légende catalane

Je vais vous conter une très ancienne légende populaire catalane  : Les jours de la vieille. La connaissez-vous ? Non ? Eh bien la voici !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Il était une fois, en Pays Catalan, au cœur des Aspres sauvageonnes, la Laurette, une vieille bergère catalane, qui depuis la nuit du temps, gardait son troupeau du côté de Castelnou…. Malgré les caprices de Mars, elle avait réussi à préserver du froid tout son troupeau, brebis et agnelets. Aussi, en cette fin de Mars, la Laurette n’était pas peu fière et heureuse que l’Hiver soit enfin terminé ! Un beau soleil hardi lui prodiguait une bienfaisante chaleur… Soudain, allez savoir pourquoi ! Dans un excès d’enthousiasme, elle se mit à injurier le mois de Mars… A haute voix goguenarde elle s’exclama arrogante en Catalan, bien sûr :

« En dépit de mars si fantasque j’ai préservé et élevé tous mes agnelets.; »

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 les jours de la vieille   » (Photo © La Gazette Catalane)

Seulement Mars entendit ses propos, vexé et courroucé il s’empressa de demander au mois d’Avril de lui prêter ses 3 premiers jours :

 » Gentil avril, prête-moi un jour, prête-moi deux jours, prête-moi trois jours et celui qui me reste feront quatre vella car je veux de tous les agnelets de la vieille de mort raidir les pattes.« 

Ainsi fut fait : Avril cédant aux suppliques de Mars lui prêta ses trois premiers jours. La Tramontane se leva en rafales puis en tempêtes violentes, conjuguées à la grêle, au froid… Un temps épouvantable ! Tous les agnelets du troupeau de la vieille bergère périrent.

Certes, depuis ces temps anciens la rancœur de Mars s’est apaisée… Cependant, ces jours-ci, où que vous soyez en Pays Catalan, quand s’époumonera la Tramontane, prêtez une oreille attentive et vous percevrez, sans doute, la vieille Laurette geindre et pleurer son troupeau.

N’oubliez jamais la légende des jours de la vieille du 31 mars au 3 avril soyez attentif aux messages de Dame Nature !

Jean-Luc Modat Reproduction soumise à autorisation de l’auteur

La Légende du Pont du Diable de Céret

A l’entrée de Céret, un vieux pont oublié enjambe le fleuve Tech… Construit sous le règne des rois de Majorque, son unique arche ouverte de 45 mètres est une véritable prouesse architecturale pour l’époque et ça intrigue ! Génération après génération les Cérétans se sont transmis la légende de ce pont… Seulement avant qu’elle ne tombe en désuétude je vous offre cette version…. Bien sûr ça commence par « Il était une fois.  »

Céret le Pont du Diable 14ème siècle 'Photo La Gazette Catalane).jpg

Il était une fois… L’action se passe à Céret en l’an de grâce 1321. Pour une énième fois la passerelle rudimentaire de planches est emportée par les crues du Tech. Exaspérés, les Cérétans décident d’édifier à leurs frais un solide pont de pierre. Ils font appel à tout ce que compte le Royaume d’éminents architectes pour qu’ils se penchent sur sa faisabilité. Unanimes, ils déclarent le projet irréalisable. Tous ? Non ! Guillat, un jeune architecte quelque peu présomptueux et surtout attiré par le gain offert pour la construction du pont s’engage à l’édifier en un an.  A peine les pieds du pont réalisés, un violent orage grossit les eaux du Tech pour emporter tout sur son passage. Furieuse, la population de Céret se rue presto sur Guillat pour le lapider comme il e doit. Seul salut pour sauver sa peau, reconstruire l’ouvrage. Le malheureux s’y engage. L’édifice est presque terminé, Patatras ! Une nouvelle fois le pont s’écroule emporté par le Tech tumultueux…

Céret le pont du Diable (Photo La Gazette Catalane).jpg

Cette fois, les Consuls de la ville lui donnent guère le choix : Soit monter le pont en six mois ou soit être pendu haut et court… Devant ce dilemme, illico, Guillat choisit de se remettre à l’ouvrage. La veille de l’ultimatum, la reconstruction est presque achevée quand voilà encore qu’un violent orage s’abat sur la ville. Le fleuve en crue déborde emportant le pont sur son passage ! Terrifié à l’idée de subir les ires de ces sauvages cérétants :  « Coratge, Fugim ! » Le jeune bâtisseur prend dare-dare son courage à deux mains, s’enfuit sans se retourner direction le Canigou. Chemin faisant, au col de la Cirère il rencontre soudain un mystérieux et étrange personnage.

Céret le pont du Diable enjambe le Tech 2 (Photo La Gazette Catalane).jpg

Aussitôt celui-ci interpelle le fuyard :
– « Ola ! bona nit » (Bonne nuit !) Où te rends-tu si pressé?« 
–  » Que Diable ! ? ôte-toi de mon chemin 
cul-terreux ! » S’exclame l’architecte.
–  » Sois moins arrogant, je te connais et sais tes déboires je peux t’aider  » Rassure l’inconnu d’un ton mielleux
– « Fichtre ! Et toi, qui es-tu ? » Questionne interloqué, Guillat
– « Quelle importance ? Laisse-moi faire. Ton pont sera reconstruit ce soir à Minuit à la seule condition que tu me confies l’âme du premier être vivant qui l’empruntera. »
Annonce cet énigmatique personnage
A ces mots l’ingénieur tressaille ! Reconstruire le pont en quelques heures ! Seul le Diable est capable d’un pareil défi !

Renne le chateau..jpg

– « Et bien que dis-tu de cela ? »
– « J’accepte ! »
Bafouille le jeune homme apeuré.
Dans des volutes de fumée marqués par une odeur âcre de soufre, l’étrange personnage disparaît
-« Si ce n’est pas le Diable ! » 
Songe l’architecte. Guillat s’en retourne chez lui. Il réfléchit à un stratagème pour berner le Diable.  Peu avant minuit, le tout Céret assoupli, Guillat un sac sur le dos, se dirige discrètement vers le pont. Aux aguets, il épie le Diable s’affairer avec habileté et dextérité à la reconstruction de l’arche. Le cloche de l’église Saint-Pierre sonne les douze coups de minuit. Le pont achevé, Guillat quitte presto sa cachette, attrape son sac pour en extraire un gros chat noir ; lui attache une casserole à la queue! Et Hop !

L’extraordinaire légende de la Dona d’aigua

Je vais, ici, vous conter l’extraordinaire histoire de la dona d’aigua ! S’il existe d’innombrables légendes, celle-ci m’a été révélée par le vieux Manel, ancien et émérite joueur de flabiol à la célèbre Mitja Cobla Germanor du veïnat de Politg au cœur des Aspres…

C’était une belle soirée claire et chaude de Juillet. Dans le ciel scintillaient des myriades d’étoiles, Manel Marti et moi prenions la fresca sur son pas de porte au carrer de la foun à Thuir…
Depuis mon plus jeune âge, Manel m’initiait à l’observation des constellations. Nous partagions de longues soirées d’Été à scruter la voûte céleste, fréquemment traversée par d’éclatantes traînées lumineuses d’étoiles filantes… Ça nourrissait mes rêves infantiles de présent et d’avenir… Quoique d’apparences humbles, c’était un homme érudit, un sage animé du bon sens paysan. Le regard franc, le verbe rocailleux catalan, au milieu d’un visage buriné par le temps se pavanaient de grosses moustaches circonflexes qui dissimulaient un petit sourire malicieux…
Allez donc savoir ! Pourquoi notre conversation a-t-elle abouti à cette mystérieuse histoire ? 
-« Ecoute, Nin » m’invite Manel (il hésite) puis poursuit…
« A quelques kilomètres du village de Sainte Colombe de la Commanderie, direction sud-ouest, sur le chemin du Correch d’en Modat, ce petit torrent aride des Aspres qui conflue avec la Canterrane à Mirmanda en amont de Terrats« 
Le vieux Manel marque un temps d’arrêt ( bien conscient de divulguer là, un secret) « Je te demande de n’en parler à personne ! « 

Jacquiesce d’un hochement de tête. Confiant, il continue son récit. « Il y a encore quelques lustres, l’eau y avait formé un profond gouffre cristallin environné d’une végétation luxuriante. Il n’était pas recommandé d’y rôdailler l’Angelus du soir sonné. Seuls ne s’aventuraient que quelques chercheurs étourdis d’escargots ou qu’une poignée d’intrépides cueilleurs d’asperges sauvages ! »
Bouché bée, je buvais chacune de ses paroles, impatient de connaître la suite de cette fantastique histoire.
« En ces lieux sauvages, vivaient des fées encantadas, des nymphes d’une extraordinaire beauté,
Condamnées à vivre sous l’eau pendant le jour.  Aux premiers jours du Carême, par nuits de clair de lune,  ces bugaderes (lavandières) lavaient à grands coups de battoirs leurs tuniques blanches transparentes, les étalaient sur l’herbe, chantaient doucement et dansaient subtilement. « 

le lac Lanoux photo 6 La Gazette Catalane.jpg

« A cette époque, les bergers surveillaient leurs troupeaux nuit et jour. Une nuit, un jeune pastoureau, s’assoupit sur les berges à la fraîcheur que prodiguait la proximité de ce gouffre…  Soudain, il fut réveillé par des belles voix douces… Presto, il se cacha, tapi dans un fourré de genêts. De là, intrigué, il découvrit de graciles naïades brunes aux beaux cheveux longs, jambes et pieds nus, dansaient aux sons d’une musique étrange et enchanteresse. Parmi toutes, l’une d’entres elles attira le jeune chevrier. Celle-ci le débusqua dans sa cachette, mais sans le trahir, elle continua sa danse encore plus exultante jusqu’au premier coup de l’Angelus du matin. dés lors, le chaste berger ne pensa qu’à cette sublime créature qu’il rencontra à nouveau la nuit d’après au même endroit. Le pâtre lui déclara sa flamme et la demanda en mariage. Cette belle créature lui fit jurer que jamais, en aucune circonstance, il ne n’évoquerait ses origines de dona d’aigua. »

Même s’il s’attachait à dissimuler son émotion Manel resta là un instant hagard et silencieux.  » Leur vie exhalait le bonheur… Hélas, un jour, les deux époux se disputèrent sur le choix de culture pour un terrain… Le ton monta, la colère du mari aussi affirmant à son épouse qu’elle était ignare des choses de l’agriculture parce qu’elle n’était qu’une pauvre dona d’aigua!
Mal lui en prit ! A ces mots, son épouse décampa presto vers Sainte Colombe de la Commanderie, sur le chemin du Correch d’en Modat, jusqu’au gouffre de la Mirmanda… »

« Je ne l’ai plus jamais revue! » Soupira le vieux Manel…puis poursuivit la voix quelque peu étranglée. « Le lendemain et les jours suivants, j’ai pleuré de tout mon corps au bord du gouffre. De mes larmes tombées au sol a jailli un rosier sans épines aux belles fleurs rouges de l’Amour éternel. Chaque nuit de la Saint Jean je me rends en ces lieux pour offrir et jeter une poignée de pétales de rose à ma bien-aimée. «  Les yeux rougis d’émotion le vieux Manel me chargea cette nuit-là de relater son extraordinaire histoire seulement quand il aurait rejoint sa bien aimée dans l’éternité…

Texte & illustrations Jean-Luc Modat 2019 tous droits réservés.

La fabuleuse histoire de la barque bleue

Jeannot, un vieux pêcheur catalan d’anguilles conteur et poète à ses heures perdues, m’a raconté l’autre jour une très ancienne histoire onirique. Elle m’a ému. Je vais tenter de vous la livrer telle que je l’ai saisie.

L’extraordinaire histoire de la barque bleue L'anse de la Roquette étang de Salses photo © Jean-Luc Modat (lagazettecatalane.com)
L’anse de la Roquette étang de Salses photo © Jean-Luc Modat (lagazettecatalane.com)

Imaginez-vous, chers lecteurs, vous êtes assis peinard sur un tas de filets de pêche, prés de Jeannot, ce vieux pêcheur au visage autant buriné par le soleil que les années, vêtu de sa veste bleue usée et délavée, son éternel béret vissé sur la tête… Immergé dans le silence des lieux, vous êtes à l’anse de la Roquette au lieu-dit « les barracas des pêcheurs » face à l’étang de Salses, à l’écart de tous sentiers battus… Un exquis moment complice, hors le temps…

« Approche-toi davantage, Nin, pour ne pas en perdre une miette! » M’invita-t-il de sa voix rocailleuse. Il planta son regard droit dans mes yeux pour s’assurer de mon écoute… Puis Jeannot, débuta ainsi son histoire : Depuis de longues semaines Désiré n’avait pêché le moindre petit fretin… Les filets de son trabaccou restaient désespérément vides ! Ce matin-là, debout sur son cassou (barque catalane à fond plat), le pêcheur plantait puis poussait sa fica (une longue perche de bois ) pour faire glisser sa barque jusqu’à son postre (son lieu de pêche) où il avait calé la veille. Désiré hala les cordes du filet… Il ressentit aussitôt une forte résistance. « Si enfin, la chance me souriait ? » Se dit-il.

L'anse de la Roquette étang de Salses photo  © Jean-Luc Modat (lagazettecatalane.com)
Barraca d’en Jeannot L’anse de la Roquette étang de Salses photo © Jean-Luc Modat (lagazettecatalane.com)

C’est alors qu’apparut l’énorme tête d’un mérou. Quelle ne fut pas sa surprise d’entendre aussitôt ce poisson le supplier : »Relâche-moi et toute ta vie tu en seras récompensé.« A ces mots, le pêcheur prit peur. « Un poisson qui parle, c’est sorcellerie ! » Se dit-il. « Tu ne le regretteras pas » Insista le mérou. Est-ce par crainte du malin, sans même réfléchir, Désiré s’exécuta et rejeta le poisson à l’eau.  » C’est étrange ! Les mérous ne fréquentent pas les eaux peu profondes des étangs… » Cette évocation le fit tressaillir.

L'anse de la Roquette étang de Salses photo © Jean-Luc Modat (lagazettecatalane.com)
L’anse de la Roquette étang de Salses photo © Jean-Luc Modat (lagazettecatalane.com)

Depuis lors, il n’est jamais rentré bredouille ! Même par temps peu clément, Désiré revenait la barque bleue pleine à ras bords. C’était une chose bien étrange comme si cette barque bleue était douée de vie. Elle le dirigeait toujours jusqu’aux zones poissonneuses. Le pêcheur se doutait bien que ce n’était pas le fruit du hasard. Ce brave mérou avait tenu parole ! Toute son existence Désiré réalisa de belles pêches. Il conserva son secret jusqu’à son dernier jour pour réserver ses ultimes instants de vie à me confier cette belle histoire, à moi, Jeannot, son fils. Désiré consacra toute sa vie son énergie à convaincre ses amis Mariners de préserver les placides mérous sur les côtes catalanes.

Créations © Jean-Luc Modat Texte et photos 2019 (lagazettecatalane.com)