Marcel Julia, figure emblématique de Thuir…

Par Jean-Luc MODAT

Qui oserait soupçonner Marcel JULIA de ne pas être thuirinois de souche, tant il fait parti des figures singulières et emblématiques de cette Ville ? C’est un personnage attachant et incontournable de la vie de l’UST ! J’ai souvenance pour avoir été témoin privilégié d’un certain Vendredi matin où il luttait à contenir ses émotions qui peu à peu, malgré tous ses efforts, le submergeaient. Marcel Julia passait la main… Pour lui, après 48 ans derrière son comptoir, le passé était simple ; le futur, antérieur…

Retour arrière…. Marcel Julia, ancien troisième ligne du RC Narbonne et de l’USAP, vient de signer une mutation en faveur de l’UST. Aussitôt, ce natif de Corneilla del Vercol, s’installe à Thuir avec Hélène son épouse. «A 23 ans, je quitte Corneilla et l’entreprise familiale «Julia-Malet» de machines outils agricoles, dirigée par mon père et mes oncles pour me lancer dans la vie.» C’est le 1 Avril 1959, Marcel et Hélène, succèdent aux époux Farran derrière le comptoir du vieux et minuscule bureau de tabac de la rue du souvenir. C’est alors l’artère commerçante principale du cœur de ville où se concentrent une quarantaine d’échoppes.

Les soirs d’Été, les gens vivent dehors, prennent «la fresca» sur les pas de porte, jusqu’à tard dans la nuit. «En ce temps là, nous ouvrions dés 6h du matin jusqu’au soir 22h. Et puis, chacun prenait davantage de temps pour discuter qu‘aujourd’hui.» Confirme Marcel un tantinet nostalgique. «Dés mon installation, j’ai de suite eu comme clients tous les illustres anciens de l’UST. Ils m’ont initié à la légende du Club !» S’exclame-t-il non sans fierté. Très vite, cet endroit devient rendez-vous des spécialistes du verbe haut, haut lieu des histoires croustillantes, siège incontournable des commentateurs avisés des 4èmes mi-temps qui font et refont les matchs…

Un peu à l’étroit, en 1962, les «Julia» décident d’agrandir leur magasin. Soucieux de diversifications, au tabac, timbres, confiseries, articles de chasse et de pêche, ils intègrent parfums, jouets…et le journal d’ici L’Indépendant.

En 1971, Thuir connaît une importante expansion grâce à l’ouverture de l’hôpital. Les visites des caves Byrrh drainent un flot continu de touristes qui ignore le cœur de ville. Vivoter ou réagir ? Marcel a choisi ! En 1972, il acquiert un cortal aux demoiselles Romeu, bien situé sur un axe stratégique de passage. Il y fait bâtir l’actuel magasin de 100 m2. Là, outre le tabac, on y trouve timbres-poste, cartes postales, L’Indépendant, journaux nationaux et magazines, librairie. Il flaire le bon coup du loto… En 1986, ses enfants, Anne et Marc intègrent l’affaire familiale.

En 2000, le temps de la retraite pour Marcel a sonné ! Son fils lui succède, informatise le magasin, le modernise, toujours épaulé par son père. Aujourd’hui, Marc a décidé de changer d’activité.

Les yeux rougis de mélancolie, Marcel a une tendre pensée pour sa fidèle clientèle. 48 ans ça tisse des liens ! «J’ai décidé de venir chercher mon journal chaque matin ici, bien sûr en tant que client !« Se lance-t-il en guise de défi comme pour ne pas abandonner ce qu’il a su créer et faire prospérer… Aujourd’hui, des années ont passé. Une seule rescapée subsiste de la belle équipe de Marcel Julia : La pétulante Marlène ne s’est jamais départie de son sourire. Elle anime avec brio une aussi belle équipe qui accompagne Béatrice, Didier Maris et perpétuent et cultivent l’âme qui animait ce magasin : L’accueil !

L’extraordinaire légende de la Dona d’aigua

Je vais, ici, vous conter l’extraordinaire histoire de la dona d’aigua (femme de l’eau)! S’il existe d’innombrables légendes, celle-ci m’a été révélée par le vieux Manel, ancien et émérite joueur de flabiol (*) à la célèbre Mitja Cobla Germanor du veïnat de Politg du village de Camelas au cœur des Aspres

Création : Texte & illustrations Jean-Luc Modat 2024

Photo Jean-Luc Modat légende de la Dona d’aigua (Tous droits réservés)

C’était une belle soirée claire et chaude de Juillet. Dans le ciel scintillaient des myriades d’étoiles, Manel Marti et moi prenions la fresca (*) sur son pas de porte au carrer de la foun à Thuir… Depuis mon plus jeune âge, Manel m’initiait à l’observation des constellations. Nous partagions de longues soirées d’Été à scruter la voûte céleste, fréquemment traversée par d’éclatantes traînées lumineuses d’étoiles filantes… Ça nourrissait mes rêves infantiles de présent et d’avenir… Quoique d’apparences humbles, c’était un homme très érudit, un sage animé du bon sens paysan. Le regard franc, le verbe rocailleux catalan, au milieu d’un visage buriné par le temps se pavanaient de grosses moustaches circonflexes qui dissimulaient un petit sourire malicieux…

Allez donc savoir ! Pourquoi notre conversation a-t-elle abouti à cette mystérieuse histoire? 
-« Ecoute, Nin » m’invite Manel (il hésite) puis poursuit…
« A quelques kilomètres du village de Sainte Colombe de la Commanderie, direction sud-ouest, sur le chemin du Correch d’en Modat, ce petit torrent aride des Aspres qui conflue avec la Canterrane à Mirmanda en amont de Terrats« 
Le vieux Manel marque un temps d’arrêt ( bien conscient de divulguer là, un secret) « Je te demande de n’en parler à personne ! « 

(1) Prendre le frais (2) En Catalogne, orchestre populaire utilisé pour interpréter la sardane

Jacquiesce d’un hochement de tête. Confiant, il continue son récit. « Il y a encore quelques lustres, l’eau y avait formé un profond gouffre cristallin environné d’une végétation luxuriante. Il n’était pas recommandé d’y rôdailler l’Angelus du soir sonné. Seuls ne s’aventuraient que quelques chercheurs étourdis d’escargots ou qu’une poignée d’intrépides cueilleurs d’asperges sauvages! »

Bouché bée, je buvais chacune de ses paroles, impatient de connaître la suite de cette fantastique histoire.
« 
En ces lieux sauvages, vivaient des fées encantadas, des nymphes d’une extraordinaire beauté, Condamnées à vivre sous l’eau pendant le jour.  Aux premiers jours du Carême, par nuits de clair de lune,  ces bugaderes (lavandières) lavaient à grands coups de battoirs leurs tuniques blanches transparentes, les étalaient sur l’herbe, chantaient doucement et dansaient subtilement. « 

le lac Lanoux photo 6 La Gazette Catalane.jpg

« A cette époque, les bergers surveillaient leurs troupeaux nuit et jour. Une nuit, un jeune pastoureau, s’assoupit sur les berges à la fraîcheur que prodiguait la proximité de ce gouffre…  Soudain, il fut réveillé par des belles voix douces… Presto, il se cacha, tapi dans un fourré de genêts. De là, intrigué, il découvrit de graciles naïades brunes aux beaux cheveux longs, jambes et pieds nus, dansaient aux sons d’une musique étrange et enchanteresse. Parmi toutes, l’une d’entres elles attira le jeune chevrier. Celle-ci le débusqua dans sa cachette, mais sans le trahir, elle continua sa danse encore plus exaltante jusqu’au premier coup de l’Angelus du matin. dés lors, le chaste berger ne pensa qu’à cette sublime créature qu’il rencontra à nouveau la nuit d’après au même endroit. Le pâtre lui déclara sa flamme et la demanda en mariage. Cette belle créature lui fit jurer que jamais, en aucune circonstance, il ne n’évoquerait ses origines de dona d’aigua. »

« Je ne l’ai plus jamais revue ! » Soupira le vieux Manel… puis poursuivit la voix quelque peu étranglée. « Le lendemain et les jours suivants, j’ai pleuré de tout mon corps au bord du gouffre. De mes larmes tombées au sol a jailli un rosier sans épines aux belles fleurs rouges de l’Amour éternel. Chaque nuit de la Saint Jean je me rends en ces lieux pour offrir et jeter une poignée de pétales de rose à ma bien-aimée. «  Les yeux rougis d’émotion le vieux Manel me chargea cette nuit-là de relater son extraordinaire histoire seulement quand il aurait rejoint sa bien aimée dans l’Eternité… Ainsi fût fait !

Création : Texte & illustrations Jean-Luc Modat 2024

( tous droits réservés. )

Civet de sanglier traditionnel catalan de Thuir les Aspres

Civet de senglar tradicional català de Thuir als Aspres

Un plat d’exception pour vos fêtes !

Son timbre se nourrit de rafales de vent, du chant grésillant des cigales ; son intonation se teinte d’azur, sa faconde s’illumine de soleil ; ses accords truculents fleurent bon les terroirs du Roussillon, les senteurs sylvestres des Pyrénées, les embruns marins de Méditerranée, Voilà ce Sud exubérant que j’aime… Pour chanter à l’unisson notre bel accent catalan qui offre à nos voix de si chaudes couleurs, d’éclatantes dispositions à chaque mot ! Je sais cet accent indissociable de la nostra terra (1), de notre cuisine typique catalane, de notre culture ancestrale, des Traditions de notre beau Roussillon ! Es Aixín ! Què hi farem ? (2)

Pour 6 Pers. Prépa. 30 min Cuisson 3 h 30

Ingrédients

  • 2 kg de viande de sanglier
  • 4 carottes + 2 oignons + 3 gousses d’ail + 6 échalotes
  • 4 clous de girofle + 1 càc de cannelle
  • 3 càs de vinaigre de Banyuls
  • Le zeste d’1 orange non traitée
  • 1 petite boite de coulis de tomate
  • 1 bouteille vin rouge corsé (Aspres, Agly, Collioure)
  • 1 petit verre de cognac ou d’armagnac
  • 2 verres de rancio ou (Maury, Banyuls, Rivesaltes)
  • 2 carrés de chocolat noir (facultatif)
  • Thym, laurier, 8 baies de genièvre, 8 grains de poivre
  • 2 tranches de poitrine poivrées découpées en dés
  • 2 Ventrèches découpée en lardons
  • Huile d’olive
  • 2 càs de farine
  • Cèpes frais en saison ou surgelés (selon saison)
  • 1 sachet de champignons secs.

Préparation

L’avant-veille

Sortir du frigo le morceau de sanglier au moins 1 h à température ambiante. Puis débiter cette viande en morceaux réguliers (4/5 cm environ) à déposer dans une terrine creuse. Verser 2 càs d’huile d’olive puis ajouter 1 oignon et 2 échalotes émincés, 3 gousses d’ail en chemise écrasées, carottes coupées en morceaux, thym, laurier, 6 grains de poivre, 6 baies de genièvre, 3 clous de girofle. 1 càc de cannelle, Bien mélanger. Couvrir 2 verres de vin rouge et 2 de rancio à hauteur. Couvrir d’un film alimentaire, laisser mariner 48 h au frigo. Tourner la viande 1 fois par jour.

La veille

Egoutter sur papier absorbant la viande. Verser et filtrer la marinade au chinois au-dessus d’une casserole, et réserver. Laisser égoutter les garnitures, retirer les carottes. réserver.

Réhydrater à l’eau tiède 1 h les champignons secs puis les rincer, réserver.

Découper la ventrèche en lardons, la poitrine poivrée en dés. Les saisir dans la sauteuse avec 1 oignon et 2 échalotes émincés. Remuer. Retirer réserver.

Dans 1 càs d’huile d’olive bien chaude d’une sauteuse faire colorer 6 à 10 min à feu vif les morceaux de sanglier sur toutes leurs faces. Retirer réserver au chaud.

Dans cette cocotte verser la garniture de la marinade bien égouttée la faire suer 5 min à feu doux sans coloration, bien remuer. Verser ventrèche et poitrine poivrée poursuivre 5 min.

Incorporer les morceaux de viande, saupoudrer de farine, laisser cuire 3 min en mélangeant. Ajouter la marinade, mélanger. Dès cet instant si la sauce bout à ce moment-là, il risque d’apparaître de petits éléments de sang coagulé et des grumeaux.

Ajouter le coulis de tomate. Laisser brunir la viande au feu quelques minutes puis couvrir avec le vin, 1 petit verre de cognac, 1 càc de cannelle.

Ajouter le zeste de l’orange prélevé au zesteur (ou au couteau-économe ) en évitant le ziste (la membrane blanche intérieure au goût amer).

Nettoyer les cèpes frais ou si surgelés : Porter à ébullition une casserole d’eau. Jeter les cèpes encore surgelés dans cette eau bouillante. A la reprise de l’ébullition compter 45 secondes puis verser à égoutter dans une passoire. Faire chauffer de l’huile dans une poêle. verser et saisir les champignons en remuant. Verser dans la cocotte. Mélanger.

Laisser mijoter à feu très très doux pendant 3 h couvercle entrouvert. Au terme, enrichir des carrés de chocolat qui donneront au civet douceur et onctuosité. Laisser le chocolat se dissoudre dans la sauce, éteindre le feu puis laisser reposer une nuit.

Le lendemain

Réchauffer tout en douceur pour ne pas agresser la viande et sa sauce. J’ai présenté mon civet de sanglier accompagné de bonnes pommes de terre de Cerdagne cuites en vapeur ou au four. Bon profit !

Si vous ne disposez pas un morceau de sanglier proveant d’un proche chasseur, vous pouvez en commander chez les 3 Llatas à Perpignan

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« Ma Cuisine Catalane »

D’ahir, d’avui i de sempre

Cahier de recettes familiales et traditionnelles

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Pa amb tomata i cambajó

Pain de paysan catalan

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

Par Jean-Luc Modat

Comment une insignifiante tartine frottée à l’ail, à la tomate, enrichie d’un trait d’huile d’olive… Peut convoquer autant de merveilleux souvenirs ? Autrefois, c’était autrefois l’esmorzar dels pagesos(1) Pan amb tomata i cambajó, ce grand classique symbolise tout l’Art de vivre catalan ! Une recette traditionnelle catalane toute simple à réaliser ! Apolit ! (2) Cependant de bons ingrédients seront nécessaires : Du bon pain de campagne, des tomates d’ici mûres, une huile d’olive fruitée du Pays Catalan, de l’ail, de belles tranches de jambon cru… Et voilà le tour est joué pour se régaler comme tapas pour l’apéro ou accompagné d’una ensiam (3) une salade verte) en entrée ! Bon profit !

(1) le petit déjeuner des paysans (2) Attention ! (3) une salade verte

Pour 2 pers. Prépar10 min Cuisson 3 min

Ingrédients pour 4 tartines

  • 4 tranches épaisses de pain campagne croustillant et rustique
  • 4 belles tomates bien mûres
  • 2 gousses d’ail
  • Fleur de Sel du Roussillon
  • Huile d’olive du Pays
  • 8 tranches très fines de jambon sec cambajó 100% catalan issu de cochons fermiers bien élevés en Cerdagne ou en Vallespir. (Laissez tomber le Serrano !)

Préparation

  • Découper les tranches de jambon sec façon chiffonnade
  • Trancher des tartines de pain épaisses d’1,5 cm environ. Les faire griller légèrement recto verso, les sortir, laisser refroidir.
  • Peler, couper, dégermer les gousses d’ail. Frictionner énergiquement avec l’ail tous les côtés des tranches de pain.
  • Laver, essuyer, couper en deux les tomates. Frotter en appuyant pour imbiber chaque tranche de pain du jus et de la pulpe de tomate. Mixer les restes de tomate puis tartiner légèrement à la cuillère les tranches de pain
  • Déposer les tranches de pain dans un grand plat, les arroser d’un filet d’huile d’olive Arbequina
  • Une pincée de fleur de sel puis recouvrir chaque tartine de jambon en chiffonnade. Servir rapidement pour d’éviter que le pain ne ramollisse !

Pa amb tomata i cambajó

Pain de paysan catalan

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

Par Jean-Luc Modat

Comment une insignifiante tartine frottée à l’ail, à la tomate, enrichie d’un trait d’huile d’olive… Peut convoquer autant de merveilleux souvenirs ? Autrefois, c’était autrefois l’esmorzar dels pagesos(1) Pan amb tomata i cambajó, ce grand classique symbolise tout l’Art de vivre catalan ! Une recette traditionnelle catalane toute simple à réaliser ! Apolit ! (2) Cependant de bons ingrédients seront nécessaires : Du bon pain de campagne, des tomates d’ici mûres, une huile d’olive fruitée du Pays Catalan, de l’ail, de belles tranches de jambon cru… Et voilà le tour est joué pour se régaler comme tapas pour l’apéro ou accompagné d’una ensiam (3) une salade verte) en entrée ! Bon profit !

(1) le petit déjeuner des paysans (2) Attention ! (3) une salade verte

Pour 2 pers. Prépar10 min Cuisson 3 min

Ingrédients pour 4 tartines

  • 4 tranches épaisses de pain campagne croustillant et rustique
  • 4 belles tomates bien mûres
  • 2 gousses d’ail
  • Fleur de Sel du Roussillon
  • Huile d’olive du Pays
  • 8 tranches très fines de jambon sec cambajó 100% catalan issu de cochons fermiers bien élevés en Cerdagne ou en Vallespir. (Laissez tomber le Serrano !)

Préparation

  • Découper les tranches de jambon sec façon chiffonnade
  • Trancher des tartines de pain épaisses d’1,5 cm environ. Les faire griller légèrement recto verso, les sortir, laisser refroidir.
  • Peler, couper, dégermer les gousses d’ail. Frictionner énergiquement avec l’ail tous les côtés des tranches de pain.
  • Laver, essuyer, couper en deux les tomates. Frotter en appuyant pour imbiber chaque tranche de pain du jus et de la pulpe de tomate. Mixer les restes de tomate puis tartiner légèrement à la cuillère les tranches de pain
  • Déposer les tranches de pain dans un grand plat, les arroser d’un filet d’huile d’olive Arbequina
  • Une pincée de fleur de sel puis recouvrir chaque tartine de jambon en chiffonnade. Servir rapidement pour d’éviter que le pain ne ramollisse !

Confiture de tomates vertes de Manuela

Par Jean-Luc Modat

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

J’ai le plaisir, le Bonheur de rendre hommage à Manuela native de Saint Laurent de Cerdans en Haut Vallespir. Trop tôt retirée de l’école pour l’usine, Manuela a travaillé dans les fabriques d’espadrilles du village. Puis les fabriques une à une ont malheureusement fermé… C’est ainsi que le destin a poussé les pas de Manuela et de sa petite famille jusqu’au petit village vigneron de Terrats dans les Aspres. C’est là que j’ai eu plaisir à la rencontrer, à évoquer la vie d’une époque révolue où les relations entre les gens étaient vraies, humaines, fraternelles. De ces époques subsistent toujours des bribes de souvenirs de recettes ! Manuela m’a confié sa recette de confiture de tomates vertes : « A l’Automne, quand les nuits se rafraîchissent, les dernières tomates s’obstinent au jardin mais ne mûrissent pas. Qu’importe il ne faut surtout pas les jeter, les mépriser ! » S’exclame-t-elle. Manuela les destine à une sortie digne des plus grandes vedettes ! « Je les cueille et voilà ce que j’en fais ! » Une succulente confiture de tomates vertes !

Per la memòria dels nostres avis...

En mémoire à nos grands parents…

Préparation 15 min Cuisson : 60 min

La gastronomie catalane reflet de son identité

Ingrédients

  • 1 kg de tomates vertes
  • 800 g de sucre
  • Quelques feuilles de menthe fraîche ou de basilic
  • le Jus d’1/2 citron
  • 10 cl d’alcool de fruit

Préparation

Etape 1

Laver et égoutter les tomates une passoire. Les peser.

Etape 2

Les couper en 4

Etape 3

Verser les quartiers de tomates dans une bassine à confiture. Ajouter la menthe ou le basilic. Laisser réduire 15 min.

Etape 4

Verser le sucre et le jus du 1/2 citron poursuivre la cuisson à feu doux (environ 45 min) jusqu’à consistance désirée. Remuer souvent avec une cuillère en bois.

Etape 5

La cuisson menée à son terme, retirer du feu, verser 10 cl d’alcool de fruit. Bien remuer. laisser tiédir. Puis verser la confiture dans des pots préalablement stérilisés, visser les couvercles, retourner les pots. Laisser refroidir, puis stocker dans un endroit frais à l’abri de la lumière. « Vous pouvez les conserver plusieurs années précise Manuela.

Mon livre a paru !

Où se procurer le livre ?

D’abord chez votre libraire habituel

Je suis ouvert et preneur à toutes propositions de lieux (Caves à vin, à fromages, boutiques de producteurs locaux, artisans charcutiers… ) pour animer des dédicaces ! En Pays Catalan, je privilégie la proximité des libraires de village, de quartier, acteurs sociaux, culturels et économiques incontournables du Pays Catalan. Vous pourrez le commander et en disposer en quelques jours.

Cependant, je me suis réserve aussi le choix de diffuser moi-même Ma Cuisine Catalane pour aller au contact, à votre rencontre, nourrir l’échange, savourer le plaisir du partage…

Pour vous procurer le livre dédicacé à votre domicile :

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Henry TUILAGI & Jean-Luc MODAT Passeurs de Mémoires et de Traditions

« Un Peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines » Evoquait Marcus Garvey. Henry est Samoan ; Je suis Catalan. En échangeant, nous avons découvert que nous partagions en commun le devoir naturel de transmettre nos cultures respectives par les Arts culinaires Samoanes et Catalanes.

Nous apprenons de nos racines

Le célèbre Henry Tuilagi (ancien joueur talentueux de l’USAP) n’a de cesse de cultiver ses racines par la transmission de la culture et des traditions iliennes samoanes par le prisme de son entreprise Chief’s Events. Son Art culinaire invite à la découverte des saveurs du Pacifique ! Des plats traditionnels, le cochon cuit au umu, le fa’ausi… Aux Samoa, le rituel du repas familial est une institution, au centre de la vie sociale et des Traditions !

Au bout de nos fourchettes, nos racines

Je suis moi aussi ancien joueur de l’USAP rien de comparable avec Henry tant dans les mensurations que pour la carrière ! Cependant, en toute humilité je m’investis pour la transmission de la culture populaire catalane, de la mémoire car sur ce territoire du Roussillon se joue aussi en filigrane le besoin de maintenir une identité Catalane vivante qui tend avec le temps à s’effilocher ! Promouvoir la cuisine familiale et traditionnelle c’est participer à la préservation durable de l’identité Catalane, de la mémoire, de sa culture, de son bel Art de vivre, parce qu’au bout de nos fourchettes se profilent nos racines !

Service traiteur HENRY TUILAGI – CHIEF’S EVENTS Perpignan Tél 0647445853  Mail chiefsevents66@gmail.com -https://chiefs-events.eatbu.com/?lang=fr#map

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En France Métropolitaine

Notre gastronomie, reflet de notre identité

‎Petits poivrons doux frits‎ de Simon

Pitits Pebrots fregits d’en Simon

Par Jean-Luc Modat

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

Fermez les yeux ; tendez l’oreille ; humez la garrigue… L’orchestre des champs des cigales se produit dans le silence d’une chaleur torride qui écrase toute la campagne. Au Casot d’en Simon, prés de Castelnou, un grand noyer altier prodiguait une ombre bienfaisante. J’y revois, Simon, mon Papa s’affairer à préparer ces délicieuses tapas de petits poivrons doux pour l’apéro tant appréciés de tous les Catalans d’Aqui Mateix(1) ! L’apéro, institution sacrée de l’Eté ! Fèiem petar la xerrada (2) jusqu’à l’euphorie joyeuse, hilare. Un apéro agrémenté de ce petit piment doux, originaire du Mexique… Adopté très tôt par la cuisine populaire Catalane, servi en apéritif dégusté avec un peu de pain grillé, frotté à l’ail et à la tomate, le fameux pa amb tomàquet pardi !

(1) D’ici même (2) Nous ne cessions de tcharer

2 Pers Préparation 5 min Cuisson 10 min

≈ (= Environ) càs (= cuillère à soupe) càc (= cuillère à café)

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est bouton-catalan.png

Ingrédients

  • 6 belles gousses d’ail
  • 6 càs d’huile d’olive du Roussillon
  • 2 poignées de pebrots (petit poivrons doux)
  • 1 càs de miel du Roussillon (facultatif)
  • Fleur de sel de Salanque
  • Poivre noir
  • Thym, romarin (facultatif)

Réalisation par étape

  1. Écraser les gousses d’ail. Laver les petits poivrons sous l’eau froide, égoutter, essuyer.
  2. Dans l’huile très chaude d’une poêle ou d’une sauteuse verser les poivrons puis les frire à feu moyen 5 min. Bien remuer. Incorporer l’ail, poursuivre la cuisson à feu doux 5 min environ. Retirer du feu.
  3. Facultatif : Verser du miel pas massa ! (Pas trop !) remuer cuire 5 min jusqu’à la dissolution du miel.
  4. Egoutter rapidement sur du papier absorbant. Déposer dans un plat creux. Assaisonner de fleur de sel, poivrer. Couvrir et attendre quelques minutes. Les poivrons s’attendrissent. Servir aussitôt avec un bon Côte du Roussillon !

i bon profit Amics !

Notre gastronomie, reflet de notre identité

Les aubergines à la catalane de mon enfance…

Les albergínies a la catalana de la meva infantesa

Par Jean-Luc Modat

(Recettes de cuisine et traditions catalanes)

Dés l’arrivée de l’Eté, c’est la pleine saison des aubergines (les aubergines sont des fruits!) ! Je revois encore ma brave grand-mère vêtue de son éternelle blouse à fleurs sur laquelle était noué un grand tablier bleu à bavette… Elle s’affairait à préparer ce délicieux plat estival tant apprécié de nous tous les Catalans del Rosselló(1) ! D’ailleurs, j’ai toujours raffoler de ce plat de saison surtout enfant… Parce certainement qu’il annonçait la proximité des grandes vacances d’Eté ? Si la « Communale » n’est plus qu’un très lointain souvenir, pour autant j’apprécie toujours ce délicieux plat aux belles couleurs et saveurs méditerranéennes, catalanes. Petite précision, dans ma recette les aubergines ne piquent pas la langue… Huuum… Un régal ! Ô ! Això m’agrada ! (2)

(1) D’ici (2) ça me plait

Préparation 40 min Cuisson totale 80 min

≈ (= Environ) càs (= cuillère à soupe) càc (= cuillère à café)  

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est bouton-catalan.png

Ingrédients  (Pour 2 personnes)  

  • 4 aubergines fermes du pays
  • 1 bel oignon de Toulouges
  • 3 ou 4 gousses d’ail violet
  • Huile d’olive du Roussillon
  • 3 belles tomates mûres du pays
  • 1/2 poivron rouge + 1/2 poivron vert 
  • 350 g de chair à saucisse
  • 1 boite 400 g de tomate concassée
  • Sel du Roussillon + poivre
  • Frigoleta(*) de nos garrigues
  • 100 g de fromage râpé

Réalisation par étape

Etape 1

Préparer les aubergines : Découper en tranches les aubergines dans le sens de la longueur d’environ demi-centimètre. Les disposer dans un plat creux par couche saupoudrées de gros sel. Inciser chacune d’elles au couteau pour mieux les faire dégorger, puis réserver une nuit au frigo (la veille). Le lendemain, presser pour faire dégorger chaque tranche. Puis rincer sous l’eau froide pour en retirer le sel. Les essorer et éponger dans un torchon et papier absorbant.

Etape 2

Dans une sauteuse bien chauffer de l’huile d’olive faire frire en petite quantité les aubergines jusqu’à légère coloration. Puis au fur et à mesure les retirer et déposer sur une feuille de papier absorbant dans un grand plat. (20 min) Chaque couche est recouverte d’une feuille de papier absorbant.

Etape 3

Peler et émincer ail et l’oignon. Découper en petit dés les tomates. Laver, épépiner et découper les poivrons en lamelles. Réserver.

Etape 4

La sauce tomate : Verser un filet d’huile d’olive dans une sauteuse, faire revenir 5 min la chair à saucisse émiettée. Retirer et réserver. Verser et faire revenir oignon et ail hachés puis les poivrons et enfin le thym, les dés de tomates et la boite de tomate concassée. Inviter la chair à saucisse. Poivrer. Laisser mijoter à couvert 15 min à feu doux.

Etape 5

Préchauffer le four 180°.

Etape 6

Assemblage : Disposer les aubergines en plusieurs couches dans un plat à gratin. Verser sur chaque couche la sauce tomate compotée (sans le thym). Terminer en nappant de sauce tomate saupoudrée de fromage râpé. Enfourner à 180 ° 40 min.

Etape 7

Cet été, je conseille de déguster ce plat tiède voire froid accompagné d’un rosé frais Côte du Roussillon . Régalez-vous !

i bon profit Amics !

C’est bon à savoir !

L’aubergine est un légume vertueux ! Il favorise l’élimination des substances indésirables du corps, aide au contrôle de la pression artérielle et favorise les processus digestifs. Riche en antioxydants, en manganèse, en cuivre et en vitamines B1 et B6, concentrés pour l’essentiel dans la peau l’aubergine. Cependant ce légume n’apporte que très peu de calories, de lipides ou de protides. Ce serait donc une ineptie de santé que de les éplucher !

En catalan albergina, emprunté de l’arabe al-bâdinjân mot dérivé du persan. Sa culture a été introduit dans le bassin méditerranéen dés le IXe siècle de notre ère par les navigateurs arabes depuis l’Inde, la Perse, l’Afrique du Nord, la Péninsule ibérique jusqu’au Royaume de Marjorque. Ainsi depuis le Moyen Age l’aubergine est cultivée ici en Pays Catalan bien avant qu’elle le soit en France…

MA CUISINE CATALANE… (RE)DECOUVREZ VOS RACINES AU BOUT DE VOS FOURCHETTES !

Si comme moi, vous avez l’Amour du Roussillon chevillé au cœur, je vous dédie ce recueil de recettes catalanes aux empreintes paysannes. Une cuisine au tempérament bien trempé, vraie, généreuse, populaire : Familiale d’ahir, personnelle d’avui, traditionnelle de sempre. C’est une ode aux belles valeurs humaines offertes en héritage par nos parents, de nos grands-parents ; Deçà mes propos ; un hymne pour clamer haut, fort, la nécessaire sauvegarde de ce patrimoine populaire…

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Les Aspres menacées par des appétits spéculatifs?

Sur cette terre qui n’avait rien pour elle, sur cet aride piedmont rugueux, accablé de soleil, battu aux quatre vents, des générations de vignerons de caractère, se sont éreintées à tirer le meilleur parti de ces Aspres. Force de courage, labeur et Amour, ces pauvres sols ingrats ont donné une nature ô combien généreuse ! Partout ici, la vigne. Elle court les coteaux ocres, dévale les terrasses graveleuses, dégringole jusqu’aux vallons à galets roulés… piqués, ça et là, de fiers cyprès élancés. Ce paysage préservé (*) se donne un petit air Toscan ! Aaahhhh ! Ici, tout invite à la douceur de vivre… Ce ne sont pas les cigales qui me contrarieront ! Pourtant…

Les Aspres (Photo La Gazette Catalane)

Pourtant ces Aspres sauvageonnes jusqu’alors miraculeusement préservées seraient les proies de spéculateurs et de projets destructeurs du patrimoine paysager, aux conséquence ravageuses sur le tourisme rural et surtout sur la viticulture… Agrophotovoltaïque et les aérogénérateurs ! Là, entre Terrats et Fourques bien en évidence telles des verrues sans vergognes des serres surmontées de panneaux chinois photovoltaïques devraient être installées sur 80 hectares d’un vignoble exceptionnel. Conséquences ? Les risques de déclassification de l’appellation AOC Côte du Roussillon Village Les Aspres pour ce territoire. Par delà, il existe encore de très nombreux projets d’implantations d’éoliennes face au Canigou. comme celui (en sommeil) du parc de six aérogénérateurs sur la commune de Passa.… Les porteurs de ces projets attendraient-ils l’opportunité de l’indifférence somnolente ou l’absence de réaction des populations et des citoyens pour (re)sortir de terre ? Ne serait-il pas temps , que nous, les citoyens qui conservons encore quelques onces de conscience, nous nous réveillons de la léthargie ou l’anesthésie dans lesquelles nous sommes plongés et invités chaque jour à y demeurer par un système très très élaboré ?

Jean-Luc Modat – La Gazette Catalane